Fintech: infrastructure bancaire
Fintech: infrastructure bancaire

Savoir

Fintech: infrastructure bancaire

L’infrastructure bancaire comme socle des activités bancaires

L’infrastructure bancaire est en substance tout ce qui permet à une banque de fonctionner. On peut subdiviser l’infrastructure bancaire en deux grandes catégories :

  1. L’infrastructure matérielle englobant toutes les ressources physiques dont une banque a besoin pour fournir ses services à ses clients: bâtiments, bureaux, guichets, bancomates, hardware (matériel informatique physique comme serveurs et ordinateurs), etc.
  2. L’infrastructure digitale qui permet aux transactions et aux échanges d’avoir lieu: système informatique (logiciels, software, applications) et les services d’appuis et de contrôle.

On touche généralement à la fintech lorsqu’il s’agit de développer et de fournir des solutions innovantes dans le domaine de la banque digitale.

Les exigences en matière d’infrastructure informatique sont élevées, ce qui rend l’architecture de l’infrastructure digitale complexe. Chaque banque dispose en général en Suisse d’un «progiciel» central, c’est-à-dire un logiciel professionnel standard (souvent un ensemble de logiciels) répondant à des besoins spécifiques de la branche puis adaptés aux besoins spécifiques de chaque banque et permettant une utilisation autonome. Dans un souci d’efficience et de réduction des coûts, les progiciels sont en général développés et mis à disposition par des entreprises spécialisées et tournent aussi souvent sur des centres d’exploitation et de données externes (outsourcing) et non sur le hardware de la banque elle-même. Cela évite que chaque banque développe ses propres logiciels et doivent installer d’immenses serveurs de calculs.

La fintech dans l’infrastructure bancaire

La fintech apporte une palette de solutions au niveau de l’infrastructure bancaire. L’étude menée par le professeur Thomas Ankenbrand (Hochschule Luzern) les classent en trois domaines distincts:

Ankenbrand et al. ont recensé 115 entreprises fintech actives dans le domaine de l’infrastructure bancaire à fin 2019 (voir graphique ci-dessous). A fin 2018, elles n’étaient encore que 56. Leur nombre a donc plus de doublé en une année, ce qui donne une idée de la vitesse et du potentiel de croissance dans ce domaine. Les solutions fintech émergeant très vite, les domaines ci-dessus sont également appelés à évoluer.

Le domaine de l’infrastructure bancaire se recoupe avec d’autres domaines de la fintech. Les solutions dans le domaine des paiements, des dépôts et des prêts ou de la gestion des investissements doivent souvent avoir recours à des interfaces ou sont même basées sur des solutions d’infrastructure bancaire. L’infrastructure bancaire peut elle-même utiliser l’intelligence artificielle (AI) ou la technologie des registres distribués (blockchain) qui permet d’enregistrer des transactions d’actifs dans plusieurs emplacements à la fois pour développer ses produits.

Avantages pour les clients

Des solutions novatrices dans le domaine de l’infrastructure bancaire peuvent apporter les avantages suivants :

  • Nouveaux services personnalisés: accès à différents outils répondant à des besoins individuels (comme des outils de planification pour son budget personnel) et popularisation de certains services qui n’étaient autrefois réservés qu’aux gros investisseurs (par exemple, gestion de portefeuilles grâce à un robo-advisor)
  • Commodité accrue: accès 24h/24 7j/7 à toute une gamme de services comme des systèmes de paiements rapides depuis son téléphone, ce qui facilite la vie (#disponibilité, simplicité et rapidité)
  • Coûts compétitifs: effets d’échelles et développement externalisé peuvent réduire les coûts… pour le client final aussi
  • Sécurité renforcée: meilleure protection d’accès et contre des tentatives de piratages
  • Interfaces automatisées: intégration de système de paiements dans d’autres services (localisation de bancomats dans un gps, paiement facilité par carte de crédit pour réserver un hôtel ou un taxi, etc).

La banque du futur sera-t-elle virtuelle?

Aussi appelées smartbanques (banques 100% en ligne) ou néo-banques (banques 100% mobile), de nouvelles sortes de banques sans succursales physiques voient le jour grâce à ces avancées technologiques. Un exemple en est «Revolut», qui est également active en Suisse. Elle s’est implantée en proposant uniquement une carte de débit et des taux de change favorables. Elle est actuellement titulaire d’une licence bancaire européenne et élargit sa gamme de produits pour inclure des services de trading et d’assurance. Outre ses frais avantageux, elle se distingue par une interface utilisateur jeune et branchée et des services personnalisés, tels que la planification budgétaire. Il va sans dire que ses services sont disponibles en tout temps. Les smartbanques ou néo-banques ont souvent recours à l’intelligence artificielle et au big data pour développer des chatbot, sorte d’assistants virtuels ou agents conversationnels pour guider les clients.

Un obstacle lié à l’infrastructure bancaire est souvent le manque d’interfaces communes entre les différents systèmes informatiques des banques et des entreprises fintech. L’open banking tente de remédier à ce problème par le biais d’API (Application Programming Interfaces) qui permettent aux applications des entreprises de fintech d’accéder directement, avec l’accord des clients, aux informations sur leurs comptes bancaires.