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Les jeux d’argent, un «droit des pauvres» inversé?
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Les jeux d’argent, un «droit des pauvres» inversé?
vendredi 01 juin 2018

Les jeux d’argent fonctionnent en partie comme une taxe régressive.

Qui sont les gagnants et perdants des jeux d’argent? Source: maxipixel.net

Imposer les activités réservées aux classes aisées comme des billets de spectacles pour redistribuer cet argent à des personnes dans le besoin. C’est le principe du «droit des pauvres» longtemps pratiqué en Suisse. Et si l’on décidait de faire l’inverse? Taxer les activités des moins aisés pour redistribuer cet argent aux nantis. Vous pourriez trouver cela choquant. Pourtant, les jeux d’argent tendent à reproduire ce mécanisme.

Qui joue son argent?
  • En Suisse, l’étude «On the Regressivity of Gambling Taxes in Switzerland» menée par Dimitri Kohler montre une élasticité-revenu négative pour les jeux. Plus le revenu est bas, plus les personnes ont tendance à le consommer.
  • En France, Duroy et Wisman aboutissent à la même conclusion. Le jeu s’apparente pour eux à un bien inférieur taxé par l’Etat.
  • Aux Etats-Unis, Businessinsider décrypte 18 signes indiquant une tendance plus marquée au jeu chez les plus pauvres.

Trois raisons principales expliquent une surconsommation par les moins aisés: le degré d’éducation moins élevé, la préférence du présent par rapport au futur et le plus faible contrôle de leurs moyens financiers.

Pourquoi une taxe?

Les loteries, contrôlées par l’État, peuvent être considérées comme taxatrices car elles ponctionnent de l’argent sur la vente de biens pour le redistribuer par la suite à des œuvres d’utilité publique. La taxe est fonction des chances de gains qui varient, selon Forbes, entre 1% pour le Blackjack et 35% pour les loteries.

A qui est redistribuée cette taxe?

En Suisse romande, la culture est, comme le montre la statistique ci-dessous, la plus grande bénéficiaire devant l’action sociale et la conservation du patrimoine.

De taxé, le consommateur de spectacles est donc devenu indirectement subventionné. Les motivations ne sont bien entendu plus les mêmes. Au lieu d’imposer un bien destiné aux nantis, on favorise l’accès et la création culturelle au plus grand monde.

A vos élèves de débattre si le modèle libéral ou monopolistique correspond le mieux à ce type de bien.

Pour en savoir plus

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