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Exportations: une carte à jouer auprès des pays émergents
Marché et commerce
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Exportations: une carte à jouer auprès des pays émergents
vendredi 09 mai 2014

L’importance relative des marchés d’exportation a passablement évolué au cours des dernières années. Au profit de qui? Quid des pays émergents?

Source: Wikimédia

La Suisse, pays exportateur par excellence: «La Suisse fait partie des pays dont le commerce extérieur contribue le plus au produit intérieur brut». Ainsi parlent les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS):  rien de moins que 200,612 milliards de francs de commerce extérieur sans métaux précieux ni pierres gemmes et sans objets d’art ni antiquité en 2012.

Le dictionnaire historique de la Suisse rappelle que dans les années 1980 et 1990, les milieux économiques estimaient que la Suisse gagnait un franc sur deux à l'étranger. Il semblerait aujourd’hui que cette estimation ne soit pas bien éloignée de la réalité.

En effet, depuis 1950, la part du commerce extérieur (biens et services) contribue entre 25 et 40% au PIB suisse.  Mais où sont exportées toutes ces marchandises?

Matthias Lutz et Sandra Hanslin font remarquer dans leur article paru dans la Vie économique du mois de mars que le chiffre d’affaires des entreprises suisses réalisé dans les économies émergentes, plus particulièrement l’Asie, a plus que triplé au cours des vingt dernières années.  

La quote-part des exportations suisses vers les économies émergentes a augmenté (voir graphique ci-dessous). La Suisse exporte désormais donc plus qu’auparavant dans les pays émergents.

Part des marchés émergents dans les exportations mondiales et celles de certains pays. Source: La Vie économique, mars 2014/FMI (Directions of trade statistics, calculs de la BNS)

D’autres économies ont fait leur entrée parmi les partenaires commerciaux de la Suisse, tels la Chine et le Japon. En se basant sur les chiffres de l’Administration fédérale des douanes, l’OFS place la Chine en sixième position dans le Top 10 des principaux partenaires commerciaux de la Suisse en 2012 avec 7,8 milliards de francs d’exportation (10,3 d’importation), et le Japon en neuvième (7,0 d’exportation pour 4,2 milliards d’importation).

La Suisse a su tirer profit (du moins en partie) de l’intégration toujours plus marquée des pays émergents dans l’économie mondiale. La preuve en est que l’élasticité de la demande dans les pays émergents par rapport aux produits suisses est supérieure à la moyenne (= 1,0). La Chine, le Brésil, la Russie, Le Mexique ont tous une élasticité de plus de 1,7 - sans oublier l’Inde avec une élasticité de 1,2.

L’élasticité de la demande exprime dans ce contexte le degré de réactivité des exportations réelles suisses au taux de croissance du PIB réel du pays importateur.

Et l’Europe dans tout ça?

Dû en grande partie aux difficultés économiques rencontrées durant la crise financière de 2008/2009 et au franc fort qui pénalise certaines industries suisses, la quote-part des exportations vers l’UE a baissé au cours de ces dernières années. L’Union européenne reste néanmoins un acteur majeur influençant grandement le bilan commercial de la Suisse. 

En 2012, 67% des exportations suisses de marchandises ont été absorbées par les pays dits industrialisés, principaux partenaires commerciaux de la Suisse. Parmi ces derniers, les États-Unis, l’Australie, l’Islande, Israël, le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Norvège et l’UE (qui compte à elle seule encore 56% des exportations).

Les économies émergentes: une opportunité de diversification à saisir

Comme le notent Lutz et Hanslin, les économies émergentes offrent non seulement de bonnes perspectives de croissance (aujourd’hui 41% des exportations mondiales partent à destination de ces économies), mais il s’agit également d’une chance pour les exportateurs suisses de se libérer d’une certaine dépendance vis-à-vis des marchés traditionnels.

Par ailleurs, la comparaison internationale du graphique précité démontre que la quote-part des exportations vers les économies émergentes n’a pas augmenté que pour la Suisse. En effet, celle-ci  a même augmenté plus fortement dans d’autres pays, comme l’Allemagne et les Etats-Unis. La Suisse dispose donc encore d’une marge de manœuvre pour continuer à diversifier ses marchés-cibles.

Avec la perspective d’une péjoration des relations de la Suisse avec l’Union Européenne (le mot-clé ici étant l’avenir des accords bilatéraux), la Suisse a tout à gagner (ou du moins rien à perdre) en diversifiant les origines de ses partenaires commerciaux. Attention néanmoins aux risques sous-jacents que cette diversification comporte!

 

 

Pour en savoir plus:

Pour l'équipe d'iconomix,
Noémie Roten

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