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Rachel Cordonier, jeudi, 23 février 2017, 09:02

Serais-je un bon PDG?

Quelles sont les compétences nécessaires pour devenir un dirigeant compétent?

Source: Pixabay – auteur: Unsplash

Les parcours et qualités requises pour espérer obtenir un poste de PDG ou accéder à une fonction dirigeante sont souvent traités dans la presse et même dans les revues académiques.

Alors, comment faire?

Selon un article du New-York Times, la diversité des expériences est cruciale afin d’obtenir une position clé. En d’autres termes, il est nécessaire de travailler dans plusieurs divisions, comme le marketing, puis les finances et le développement de produits, tout en restant dans la même industrie. Un changement de secteur est en effet négativement corrélé avec le succès d’une carrière de dirigeant. L’article propose même un outil interactif (orienté États-Unis) qui permet de calculer la probabilité de devenir un haut cadre selon son genre, son expérience ou ses diplômes. La combinaison parfaite? Être un homme, avoir un diplôme d’une prestigieuse université, un MBA dans un des meilleurs programmes, posséder 25 ans d’expérience dans 6 postes différents et habiter à New York. Vous aurez ainsi 87% de probabilité d’être cadre dirigeant.

Quelles sont les compétences clés d’un bon cadre?

La question des compétences requises est aussi sérieusement étudiée dans le milieu académique. Ainsi, deux chercheurs, Steven N. Kaplan et Sorensen Morten, ont analysé, via des entretiens individuels, le parcours et les caractéristiques de 2600 cadres. En évaluant ainsi 30 compétences et qualités, quatre facteurs dominants ressortent:

  1. Le talent général. Ce terme opaque indique que le cadre possède, dans une certaine mesure, chacune des 30 compétences considérées.
  2. La capacité à être orienté vers l’exécution. Concrètement, ils y associent positivement le fait d’être rapide, efficient, agressif, persistent ou proactif et négativement le fait d’être respectueux, ouvert à la critique, capable d’écoute et apte à travailler en équipe.
  3. Le charisme. Ce terme englobe le fait d’être enthousiaste, persuasif, agressif et proactif alors que les compétences d’analyse, d’organisation et d’attention aux détails y sont négativement associées.
  4. La stratégie, soit les compétences de vision à long terme, de créativité et de capacité intellectuelle. A l’inverse, le fait d’être attentif aux détails, organisé et de rendre les employés responsables sont négativement associés à ce facteur.

Ainsi, posséder l’ensemble de ces compétences est indispensable, mais certaines qualités ont plus de poids que d’autres. Ensuite, ils ont établi que les cadres avec les scores les plus élevés pour ces 4 facteurs étaient ceux qui étaient effectivement sélectionnés pour les plus hautes fonctions dirigeantes. A noter également que les femmes et les hommes cadres possèdent les mêmes caractéristiques, bien que les femmes aient, à niveau de compétence égal, moins de chances d’obtenir une fonction dirigeante.

Accéder à une fonction dirigeante est une chose, mais est-ce que les compétences désirées pour obtenir le fameux titre sont les mêmes que celles contribuant à la réussite d’une entreprise? Steven N. Kaplan, Mark M. Klebanov et Morten Sorensen ont publié un article connecté au précédent qui propose des éléments de réponse à cette question. Ainsi, la performance de l’entreprise serait principalement corrélée avec les deux premiers facteurs, soit le talent général et l’orientation vers l’exécution.

Le rôle de l’éducation: cas de la Suisse

En décembre 2016, l’Office fédéral de la statistique a publié une étude sur le lien entre les niveaux de certification (diplômés des Haute Ecoles Spécialisées et Hautes Ecoles Universitaires ainsi que détenteurs de doctorats) et l’accès à une fonction cadre 5 ans après la fin des études. 39% des diplômés HES et HEU occupent une fonction dirigeante, avec 26% en tant que cadre inférieur (59% et 35% respectivement pour les détenteurs de doctorats). Les différences entre domaines d’études choisis existent: les diplômés en sciences économiques, techniques, exactes et naturelles ont plus de chance de devenir cadre. Pourtant, dans tous les cas, en moyenne 1 diplômé sur 5 occupe un poste à responsabilité (22%). L’égalité des chances entre diplômés semble ressortir car l’âge, le lieu de scolarisation (à l’étranger ou en Suisse), le niveau d’éducation des parents n’influencent pas significativement les résultats. A l’exception du genre, puisque les femmes, à facteurs sociodémographiques et volonté de faire carrière identiques, obtiennent significativement moins de postes à responsabilités que les hommes. Evidemment, l’accès aux études subit lui-même un biais de sélection puisque 52% des étudiants HEU et 32% pour HES ont au moins un des parents diplômé d’une Haute Ecole.

Donc, si l’on aspire à diriger, une formation solide est importante… en Suisse aussi.

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Pour en savoir plus:

  • Module «Différences salariales»
  • Office fédéral de la statistique (OFS). Salarium – le calculateur individuel de salaires.
    Outil en ligne pour évaluer son salaire selon son profil.
  • France 2. Kids chef. (13.02.2017 – Durée: 3:52)
    Reportage vidéo du journal télévisé de 20h sur les enfants-entrepreneurs aux Etats-Unis.

Rachel Cordonier,
Doctorante en sciences économiques et assistante à l’Université de Lausanne.

Cet article est une contribution d’une invitée. Son contenu n’engage que la responsabilité de l’auteur.

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