Crowdfunding: votre crédit en quelques clics
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Crowdfunding: votre crédit en quelques clics
vendredi 16 mai 2014

Des projets plein la tête mais pas un sou en poche? Le «Crowdfunding» est certainement la solution que vous recherchez. Ce nouveau mode de financement utilise les réseaux sociaux et le web pour rassembler des fonds et ainsi permettre à tout un chacun de financer ses ambitions.

Source: Wikipedia

«Toi plus moi plus eux, plus tous ceux qui le veulent, plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls…». Cet air résonne certainement encore dans la tête de beaucoup d’entre nous. Ce tube de l’année 2008 a été une véritable révolution dans le monde de la production du disque. La raison? Cet album a été financé par des internautes via une plateforme de «crowdfunding». En quelques clics, 347 personnes ont ainsi permis à Grégoire de passer d’inconnu au rang de star montante de la chanson française. Le web serait-il devenu une nouvelle rampe de lancement pour vos projets et ambitions? Quid du fonctionnement de ces nouvelles plateformes?

Qu’est-ce que le «crowdfunding»?

Le «crowdfunding» est une nouvelle forme de financement utilisant les technologies du web pour connecter une large population – «the crowd» – à un projet et permettre son financement – «funding». Les règles du jeu sont simples. Il faut tout d’abord soumettre un projet, accompagné du montant nécessaire à sa réalisation. Ce projet peut prendre des formes très variées comme l’enregistrement d’un album, l’achat d’une machine de production ou encore le financement d’un projet caritatif en Afrique.

Une fois le projet soumis, le compte à rebours peut commencer. La totalité des fonds doivent être récoltés avant la date butoir, sinon, le projet tombe à l’eau. En effet, même si 99% du montant a pu être amassé à la date limite, la campagne de «crowdunfing» est considérée comme un échec : les internautes récupèrent leur mise et l’entrepreneur n’empoche pas un sou. Les stratégies de communication et de séduction auprès des futurs investisseurs sont donc cruciales, d’autant plus que chaque internaute est libre de fixer le montant qu’il souhaite investir. Les plateformes retiennent également une commission pour chaque projet en cas de succès.

Source: Wikimedia

Les différentes formules de financement

Il y a généralement trois profils de financement possibles: la donation, le prêt et les fonds propres. La sélection de la forme de financement dépend souvent du type de projet.

Pour les projets artistiques, sportifs ou caritatifs, la donation est privilégiée. Leur but étant de mobiliser une grande foule avec de petits montants investis. L’internaute peut alors soutenir un projet en échange d’une contrepartie symbolique. C’est par exemple le cas de la plateforme suisse ibelieveinyou.

Le prêt est en revanche plus adapté au financement de projet de développement de  petites entreprises. Un rendement peut ainsi être redistribué aux «crowd-funders» grâce aux fruits de l’investissement. Initialement plutôt destinée aux pays en développement, cette forme de microcrédit offre de nouvelles perspectives pour les artisans et les petites et moyennes entreprises (PME) des pays développés.  

Ces dernières sont souvent plus sensibles aux chocs affectant leur environnement et présentent, en temps de crise, un risque de défaillance supérieur et peuvent ainsi manquer de financement traditionnel (la banque de détail). Le «crowdfunding» apparaît donc comme une alternative pour pallier à cette baisse des crédits traditionnels.

Finalement, la participation en capital permet aux contributeurs de prendre directement part à l’entreprise et ainsi bénéficier de dividendes. Les PME ne sont pas les uniques bénéficiaires de ce type de financement. Dans l’exemple de l’artiste Grégoire, les internautes étaient considérés comme des producteurs et ont reçu un dividende équivalent à 27 fois leur mise (celle-ci allant de 10 à environ 6000 euros).

Les opportunités et les risques

En plus d’apporter un financement, le «crowdfunding» sert également de baromètre du marché lors de lancement de produits. Grâce à la possibilité de communiquer directement avec ses futurs clients (les «crowd-funders»), chaque créateur peut alors utiliser la sagesse de la foule («crowd wisdom») afin d’évaluer les chances de succès de son projet.

Très populaire aux Etats-Unis, ce type de pratique s’installe plus lentement en Suisse. La plus grande plateforme suisse, Wemakeit, a en effet fêté ses deux ans d’existence en ce début d’année. Elle a à son actif le financement de plus de 500 projets créatifs et culturels et se targue d’un taux de succès de près de 65 % pour 2012.

Néanmoins, la forte croissance de ce type de plateforme n’est pas sans risque. La réglementation ayant bien souvent un temps de retard, les risques de fraudes et le manque de transparence sont bien présents. Le manque de diligence et d’attention de la foule d’investisseurs peut ainsi facilement être abusé. L’encadrement adéquat de cette nouvelle forme de financement semble alors fondamental afin de pallier à ces dangers. L’autorité suisse de surveillance des marchés financiers (FINMA) examine actuellement l’encadrement juridique adapté.

Malgré ces quelques inconvénients, le «crowdfunding» offre des perspectives réjouissantes à la fois en terme de croissance et de promotion de la culture et du sport.

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