Il y a quarante ans, les femmes obtenaient le droit de vote en Suisse. Un anniversaire que les médias nous ont longuement rappelé. Mais plutôt que de se pencher sur le passé, mieux vaut s'intéresser à l’avenir.
Cet avenir, c’est la reconnaissance prochaine d’un nouveau métier: femme de patron. Ne souriez pas, c’est effectivement un vrai métier, surtout dans les petites entreprises. En effet, ces épouses gèrent souvent toute la partie administrative de la PME familiale, son back-office comme on dirait dans les milieux bancaires. Des tâches étendues, importantes, complexes et chronophages. Des tâches essentielles à la survie de l’entreprise familiale, qu’elles accomplissent sans reconnaissance officielle, «dans l’ombre».
Heureusement, cela est en train de changer, et ce serait une première en Europe! Comme l’explique Patrick Oberli dans le dernier numéro de PME Magazine, en janvier 2011, un groupe de travail soutenu par l'Union suisse des arts et métiers (USAM) a déposé à Berne un projet de brevet fédéral de gestionnaire de PME familiale. Autrement dit: le dossier soumis à l'Office fédéral de la formation et de la technologie (OFFT) propose la création d'un nouveau métier qui reconnaîtrait le rôle complexe de celles qui, dans l'ombre de leur conjoint, assurent la bonne marche d'une majorité des entreprises de ce pays.
Cette nouvelle profession aurait une autre originalité: elle serait uniquement délivrée par validation des acquis. Soit la reconnaissance des compétences multiples que ces femmes ont intégrées au fil des ans en fonction des besoins de l'organisation familiale.
D’une part, avec ce brevet fédéral, les compétences de ces épouses vont enfin être officiellement reconnues, ce qui n’est pas rien pour leur moral et leur besoin de réalisation sociale. Mais surtout, si elles décident un jour de changer d’orientation ou d’entreprise, ce diplôme va tout d’un coup les rendre mieux employables sur le marché du travail. Elles le méritent: elles avaient l’expérience, les compétences, elles auront maintenant le papier qui le prouve.
Certes, ce n’est au final qu’un petit pas vers une meilleure prise en considération de l’importance des femmes dans notre économie, mais il était important de le faire, ce petit pas.


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