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Maude Lavanchy, lundi, 1 juin 2015, 13:06

L’Uberisation de l’économie

Un appartement au bord de la mer? 100chf la nuit. Une voiture pour une heure? 70chf. Tout est à louer sur internet. Et vous, qu’avez-vous à partager?

Source: flickr – Markus Henkel

L’économie de partage permet à celui qui détient un bien (logement, véhicule…) ou une compétence, de le/la mettre à disposition de tout un chacun. Comment? Grâce à Internet et aux applications mobiles. Cette nouvelle forme d’échange de particuliers à particuliers (P2P pour «peer-to-peer») est en phase de devenir une véritable révolution de notre économie. N’importe qui peut en effet devenir un entrepreneur potentiel.

Cette révolution est à la fois globale et locale. On peut, par exemple, louer une chambre chez un particulier à Rome (Airbnb), s’y rendre en covoiturage (BlaBlaCar), s’inviter dans une ferme familiale pour le souper (Cookeat) et, pendant ce temps-là, demander au bricoleur du dimanche du coin de tailler la haie du jardin (TaskRabbit). La planète entière est connectée et les possibilités semblent infinies. Le site collaborativeconsumption.com propose même un annuaire des services et biens proposés. Et vous, qu’avez-vous à partager? Le tableau suivant offre un aperçu de l’étendue de vos possibilités.

Source: Bilan

Sommes-nous arrivés à la fin de l’ère du capitalisme classique? Selon Jeremy Rifkin, l’économie de partage provoque plutôt un changement de paradigme. La nouvelle génération préfère l’expérience à la propriété, il n’est désormais plus nécessaire d’acheter pour consommer! Ce qui remet en question un des fondements même de notre économie actuelle: la croissance.

Les enjeux d’une révolution déjà en marche

Comme dans chaque évolution majeure, il y a des gagnants et des perdants. Deux acteurs importants de la consommation collaborative ont fait grand bruit ces derniers temps. Il s’agit bien entendu d’Uber (application mobile mettant à disposition des véhicules avec conducteur) et d’Airbnb (location d’un logement). Le large essor de ces plateformes commence à faire peur aux entreprises traditionnelles. Les hôteliers mènent actuellement des actions pour faire interdire Airbnb et un large mouvement de grève de la part des taxis européens a eu lieu pour protester contre Uber. Le principal point de discorde est le flou juridique encadrant ces plateformes, en particulier, le fait qu’elles ne soient pas soumises à la même réglementation, dont la fiscalité.

Malgré tout, la révolution semble bel et bien en marche. Selon le magazine Forbes, le secteur est en très forte croissance et presque un quart de la population américaine, canadienne et britannique y a déjà recours. A l’heure de l’obsolescence programmée, l’économie de partage offre une nouvelle vie à toute sorte d’objet et rend ainsi l’économie plus efficace.

Pour en savoir plus:

  • Le Temps. Avec Airbnb, ma petite entreprise de location ne connaît pas la crise. (10.11.2014)
    Article sur Airbnb en Suisse.
  • Bilan. Economie de partage: une révolution se prépare. (08.10.2014)
    Article détaillé sur l’économie du partage.
  • Jeremy Rifkin. La nouvelle société du coût marginal zéro. Edition Les liens qui libèrent. (2014)
    Ouvrage sur l’économie de partage récemment publié en français.
  • RTS (TTC). Uber Alles. (11.05.2015 – Durée: 06:54)
    Reportage sur Uber et les taxis genevois.
  • RTS (Nouvo). Un Uber capitalisme? (17.04.2015 – Durée: 02:15)
    Reportage sur l’uberisation de l’économie.

Maude Lavanchy,
Doctorante en sciences économiques et assistante à l’Université de Lausanne.

Cet article est une contribution d’une invitée. Son contenu n’engage que la responsabilité de l’auteur. 

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491 Visites, 1 Commentaires
 
Commentaires (1)Commenter
Marie Guru
18 août 2015, 10:08
L'économie du partage

Merci pour votre article!
Il est très intéressant de voir que cette économie de partage a pris une place considérable dans notre société!
Que ce soit AirBnB avec le logement ou Taskrabbit pour les services, chacun a su trouver sa place dans un domaine précis.
L'inconvénient que je trouve encore est que si nous voulons profiter de tout, nous devons nous inscrire sur beaucoup de plateformes.

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