Beaucoup de verrous ont sauté, pendant cette crise financière, et le dernier verrou n’a tenu que grâce à l’intervention de la Federal Reserve des Etats-Unis, le 16 septembre.
Tout commençait sur le marché immobilier américain. Quand les petits propriétaires ne pouvaient plus payer les intérêts sur leurs hypothèques surdimensionnées, le premier verrou a sauté, c’était leur capital propre. Ils rendaient leur maison.
Comme ces crédit hypothécaires étaient ficelés en des paquets, et vendus aux hedge fonds, ceux-ci subissaient la dévaluation de leurs avoirs – et le capital de leurs investisseurs souffrait. Ce deuxième verrou sautait dans plusieurs fonds, dont ceux de la banque Bear Stearns.
Devant ce constat, les paquets restaient sur les bras des grandes banques. Et c’est là que le prochain verrou était secoué – les banques devaient amortir une grande partie de leur capital pour couvrir la moins-value. Chez certaines, comme Lehmann Brothers ou Bear Stearns le verrou du capital-propre sautait carrément et elles étaient reprises en catastrophe par d’autres banques.
Mais beaucoup d'obligations, pour les hypothèques en particulier, mais en général aussi, étaient assurées par des agences spécialisées aux Etats-Unis, mais aussi par de grandes sociétés d’assurance. Tout aurait bien fini si ce verrou-là avait tenu. Mais ces sociétés éprouvaient elles-mêmes des difficultés, leur statut de créditeurs était abaissé par les agences spécialisées, et finalement la société d’assurances AIG avouait ne plus pouvoir remplir ses garanties sans problèmes.
Si ce dernier verrou avait éclaté à son tour, beaucoup de banques auraient dû procéder à un nouveau round de dépréciation – après l’AIG de nombreuses et de grandes banques auraient sauté dans l’abîme. C’est donc pour éviter cette dernière fatalité que la Banque nationale des Etats-Unis s’est décidée à prêter 85 milliards de dollars à l’AIG.
Il y a d’autres facettes dans cette crise, mais ce jeu des verrous successifs donne de la matière à réflexion. L’activité future des banques devra se faire avec moins de verrous, c’est un paradoxe salutaire. Car si les garanties des assureurs se font rares, si les acteurs ne s’engagent plus en des téléscopages interminables, la pratique des crédits devient beaucoup plus sage.


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