Nous avions vu dans notre notice du 9 septembre [1] que la Banque Nationale Suisse (BNS) avait décidé d’établir un cours plancher de 1,20 francs entre le franc et l’euro. Tout juste deux mois plus tard, ce cours a remarquablement bien tenu. De ce point de vue, l’opération est un succès, même si plusieurs entreprises, qui connaissent des difficultés économiques, aimeraient voir ce taux relevé (on parle de 1,30 francs pour un euro, voire même de 1,40).
Restait une question importante: combien cette opération allait-elle coûter à la BNS? Ici, tous les chiffres ont été avancés, certains parlant de dizaines de milliards de dollars chaque mois pour résister aux assauts des spéculateurs. Pour rappel, la BNS avait injecté 200 milliards de francs de liquidités durant le mois d’août 2011 pour soutenir le franc, sans grand succès.
Alors, combien? Lors d’une récente réunion avec quelques rédacteurs en chef romands, Philipp Hildebrand, directeur général de la banque nationale, avait plusieurs fois refusé de répondre à cette question. Mais il avait ajouté qu’on aurait un début de réponse en examinant les chiffres publiés par la BNS fin octobre, relatifs aux résultats du troisième trimestre.
Des chiffres qui laissent place à pas mal de supputations. Après analyse, tous les commentateurs ne sont pas d’accord sur le montant total consacré au soutien du franc par rapport à l’euro. Les estimations oscillent entre 2 et 15 milliards de francs. «En regardant les variations du taux de change et en suivant aussi l’évolution des réserves monétaires, il est possible d’estimer que la BNS a grosso modo engagé sur le marché des changes au maximum 15 milliards. À mon avis, cette somme s’approche davantage des 10 milliards», explique Andreas Höfert, chef économiste d’UBS, dans les colonnes de la Tribune de Genève.
Quoi qu’il en soit, tout le monde s’accorde sur une chose: l’opération a été bien moins onéreuse que prévu. Ce qui confirme la très bonne réputation de la BNS sur la place financière – il a suffi qu’elle menace pour que les spéculateurs prennent peur - et, pour l’instant, le bien fondé de sa décision.
[1] Pourquoi la Banque nationale a du affaiblir le franc, Olivier Toublan


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