La Banque Nationale Suisse a décidé mardi 6 septembre d’un cours plancher de 1,20 francs pour 1 euro. Nous avons examiné dans la notice précédente pourquoi elle avait agi ainsi. Nous allons analyser dans cette notice comment elle a agi.
Le mécanisme
La mécanisme est simple: on l’a vu (voir la notice précédente), le cours des monnaies est une simple affaire d’offre et de demande. Si le franc suisse grimpe par rapport à l’euro, c’est que les investisseurs vendent en masse des euros pour acheter des francs. Eh bien, la BNS fait exactement l’inverse, elle vend des francs pour acheter des euros. Bien maîtrisée, cette opération permet d’obtenir le cours souhaité de 1,20 francs pour 1 euro.
Où la BNS trouve-t-elle l’argent
Bien entendu, pour acheter des euros, il faut avoir des francs suisses à vendre. En quantités astronomiques (on parle ici de dizaines de milliards de francs, peut être beaucoup plus, puisque la BNS assure être prête «à acheter des devises en quantité illimitées»).
Pour un particulier, une entreprise ou un Etat, ce serait vite mission impossible. Assez rapidement les caisses seraient vides. Pour la BNS, ce n’est pas un problème. En effet, comme institut d’émission de la monnaie, elle peut littéralement, imprimer autant de billet de 100 francs qu’elle veut. Ce qui lui garantit un montant illimité de francs suisse à vendre, pour acheter des euros.
Les conséquences de cette politique
A court terme, la conséquence de cette politique est claire: le franc suisse a perdu de sa valeur et le cours plancher de 1,20 francs pour 1 euro tient. On verra jusqu’à quand. Car les investisseurs vont bien entendu tester la résolution de la BNS, en continuant de vendre des euros pour acheter des francs.
A plus long terme, les risques les plus importants sont de nature inflationnistes. En effet, l’inflation est une des conséquences quasi inévitables d’une création si importante de monnaie. Celle-ci serait, de plus associée à des taux d’intérêt plus élevés. Mais la BNS estime qu’elle arrivera à juguler ce risque en résorbant à temps la liquidité excédentaire.
Qui plus est l’inflation est une menace à moyen terme pour l’économie, dont on pourra s’occuper le temps venu, alors que la hausse du franc était une menace immédiate, qui ne pouvait plus attendre.
Pour en savoir plus
Pour les curieux, on ne peut que recommander l’excellent article [1] sur le sujet, écrit dans le quotidien Le Temps, par les journalistes Mathilde Farine, Frédéric Lelièvre et Servan Peca. Ils répondent à plein d’autres questions importantes sur les conséquences de l’intervention de la BNS, par exemple son impact sur les taux d’intérêt ou sur les taux hypothécaires.
[1] Frédéric Lelièvre, «La décision de la BNS en dix questions», Le Temps, 6.9.2011, non accessible sur internet


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