Impossible de ne pas l’avoir entendu, tant les médias en ont parlé ces derniers jours: vendredi soir 5 août, une importante agence de notation financière a dégradé la note de la dette souveraine américaine. En clair, les Etats-Unis sont passés du statut de débiteur «extrêmement solide» (AAA) à celui de «toujours très solide mais doit faire attention» (AA+).
À cette annonce, faite comme il se doit après la fermeture des bourses, tous les commentateurs s’attendaient à des marchés financiers tempétueux, le lundi 8 août, lors de la réouverture desdites bourses. Ce fut effectivement le cas, avec des plongeons spectaculaires, comme celui de Wall Street, où l’indice Dow Jones a perdu plus de 5,5%.
Certes, dès le lendemain, les investisseurs ont retrouvé leur sang-froid et les bourses le chemin de la hausse. Reste que la séance de lundi est très illustrative de l’importance économique des Etats-Unis. Il suffit qu’une agence de notation financière lance un avertissement somme toute sans frais et limité à un seul pays pour que toute l’économie mondiale tremble.
Pour preuve, la dégradation de la dette souveraine américaine a coûté une fortune à cette économie mondiale. Faisons le calcul: lundi 8 août, les marchés dans leur ensemble ont perdu près de 6% (si l’on en croit l’indice boursier MSCI Monde, qui reflète le mieux la performance globale des bourses mondiales). Etant donné que la capitalisation boursière mondiale équivaut à environ 50'000 milliards de francs (selon les statistiques de la Fédération mondiale des Bourses), la perte enregistrée lundi 8 août par les marchés avoisine les 3000 milliards de francs! Soit plus de la moitié de la valeur de toutes les entreprises suisses dans leur ensemble (voir la notice du 4 février)! C’est énorme ! 3000 milliards de francs, voilà donc le coût réel de la dégradation de la note de la dette américaine.


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