Fin juillet, les résultats du deuxième trimestre 2011 d’UBS ont été publiés. De prime abord, ils semblent excellents, puisque le bénéfice avant impôts s’est élevé à 1,7 milliards de francs. Ce qui représente non seulement beaucoup d’argent mais aussi une belle performance pour une banque que l’on disait au bord de la faillite il y a deux ans! Et pourtant, à l’annonce de ces résultats, le cours de l’action a chuté de presque 3%. Comment l’expliquer? C’est que la bourse ne réagit pas aux chiffres en eux-mêmes, mais à ces chiffres par rapport aux attentes des investisseurs. Tentons donc de comprendre pourquoi les investisseurs ont été déçus par les derniers résultats d’UBS.
Première raison de la déception, ce bénéfice de 1,7 milliard réalisé au deuxième trimestre est en assez nettement en baisse par rapport à celui du premier trimestre, qui était de 2,2 milliards de francs.
Deuxièmement, lors de la publication de ses résultats trimestriels, la banque a averti que les objectifs de bénéfice à moyen terme qu’elle avait annoncés il y a deux ans ne seraient vraisemblablement pas tenus. «Selon toute probabilité, les nouvelles exigences en matière de capital et sur le plan réglementaire, alliées à une détérioration des perspectives économiques, pèseront sur les futurs revenus, limitant les perspectives de croissance pour le secteur financier», a expliqué la banque dans son communiqué de presse.
Voilà le genre de surprise que les investisseurs détestent. Ils perdent confiance dans l’entreprise, ce qui les pousse à vendre leurs actions, ce qui fait chuter les cours.
Si la baisse du cours de l’action n’a pas été plus importante, c’est que, parallèlement, la banque, pour regagner un peu de cette confiance perdue auprès des investisseurs, a annoncé qu’elle allait réduire ses coûts de 1,5 à 2 milliards de francs suisses dans les deux à trois prochaines années. Ce qui va probablement entraîner des suppressions de postes de travail.
Ainsi donc, malgré les apparences, la réaction de la bourse à l’annonce d’un bénéfice de 1,7 milliard de francs est totalement rationnelle. Mais de cette rationalité pas toujours facile à comprendre pour le commun des mortels qui anime les marchés financiers…
On comprend aussi, grâce à ces explications, pourquoi une entreprise, malgré des résultats nettement bénéficiaires, cherche quand même à réduire ses coûts et supprime des emplois : sans celà, son cours de bourse en pâtirait. Et pour la plupart des entreprises, la solidité du cours de bourse est à long terme plus importante que sa responsabilité sociale envers ses collaborateurs.


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