L’Office genevois des statistiques vient de publier un passionnant rapport sur les salaires et la main d’œuvre dans le canton. Nous allons parler dans cette note des salaires, et dans la prochaine de la main d’œuvre étrangère.
1) Le montant des salaires
En 2008, explique l’Office de la statistique, le salaire mensuel brut médian versé par les entreprises privées actives dans le canton de Genève atteint 6’801 francs pour 40 heures de travail par semaine.
Parmi les employés, les 10% les moins payés (le premier décile, comme l’appellent les statisticiens) touchaient moins de 4’000 francs par mois. A l’autre extrémité, les 10% les mieux payés touchaient plus de 14’400 francs chaque mois.
Huit ans plus tôt, le salaire mensuel brut médian était de 5’714 francs. Entre 2000 et 2008, le salaire médian croît ainsi de 19% en termes nominaux. Mais cela ne veut pas dire grand-chose: plus intéressante est la mesure en termes réels, c’est-à-dire déduction faite du renchérissement. De ce point de vue, la hausse de la médiane est de 8 %.
2) Les Suisse gagnent plus que les étrangers
Avec 7’500 francs, les Suisses ont le salaire mensuel brut médian le plus élevé en 2008, devant les permis de séjour et les frontaliers. Entre 2000 et 2008, la hausse de salaire des Suisses en termes réels a été de 8%.
3) Les écarts salariaux se creusent
L’augmentation est très différente selon le niveau de la rémunération: en termes réels, elle est de 2% pour les bas salaires, contre 18% pour les hauts salaires. C’est une indication du creusement des écarts entre les extrêmes, remarque l’Office cantonal de la statistique.
Ainsi, entre 2000 et 2008, cet écart passe de 3,1 à 3,6. Ces chiffres indiquent que les 10% des plus hauts salaires sont d’au moins 3,6 fois supérieurs à ceux des 10% plus bas en 2008. Faillite du système? Pas vraiment, puisque si l’écart se creuse, c’est parce que le nombre de bénéficiaires de hauts salaires progresse à un rythme plus soutenu que l’ensemble des salariés, tandis que les bas salaires ont tendance à stagner.
Autrement dit, en prenant les salaires supérieurs à 10’000 francs (mesurés en francs de 2008): 15% des salaires dépassent ce seuil en 2000, contre 22% en 2008. A l’autre extrémité, la proportion des salaires inférieurs à 4’000 francs (mesurés en francs de 2008) diminue de 13% à 11%.


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