L’Italie a remporté la coupe du monde 2006. Pour vous remémorer sa performance, vous pouvez visionner son parcours sur YouTube.Dans le dernier classement de la FIFA, l’Italie occupe le cinquième rang. Le champion du monde est cependant moins bien classé dans le domaine de l’économie souterraine. Ses activités non déclarées correspondaient à 21,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2008. L’Italie réalise ainsi le plus mauvais résultat après la Grèce parmi les pays de l’OCDE. Pour la Suisse, l’estimation atteint 7,9%*.
Le PIB correspond à la création de richesse d’une économie au cours d’une année. Dans son calcul, on tient compte de la valeur de tous les biens et services produits en déduisant les prestations intermédiaires nécessaires à la production: quand un pizzaiolo achète des ingrédients pour 15 francs pour cuisiner une pizza qu’il vend 20 frs, sa contribution au PIB est de 5 francs.
La plus grande partie du PIB est réalisée par le secteur économique officiel des entreprises privées et publiques. Les prestations propres des ménages et les services du secteur informel – l’aide entre voisins ou les activités bénévoles – rentrent aussi dans le calcul du PIB. Mais le manque de données statistiques nécessite de les inclure par approximation.
Il est cependant évident que les activités des adolescents baby-sitters ou des entraîneurs de football bénévoles ne constituent pas le véritable problème de l’Italie. Il provient bien de l’ampleur des transactions économiques non déclarées: travail au noir, entreprises non inscrites, fraude fiscale ou bénéfices provenant d’activités illicites. Autant d’activités irrégulières qui privent l’Etat de ressources fiscales et qui augmentent indirectement la charge fiscale des acteurs économiques réguliers.
Il n’existe pas d’explication unique sur l’ampleur de l’économie souterraine en Italie. Le faible système légal y joue cependant un rôle prépondérant**. Dans le sud du pays principalement, le crime organisé domine plusieurs branches économiques, manipule l’administration et contourne la justice. L’impact sur le fonctionnement de l’Etat et de l’économie est dévastateur. Des marchés publics sont octroyés aux mauvaises firmes et de l’argent est extorqué aux magasins et aux entreprises.
Une lueur d’espoir: le taux de l’économie souterraine a diminué d’un cinquième sur les dix dernières années. On ne sait cependant pas si le bien-être général de l’Italie s’en trouvera amélioré: la littérature scientifique n’est pas claire quant aux effets de l’économie souterraine.
Pour l’équipe d’iconomix,
Carolin Straus, Simon Schmid et Jean-Marc Huguenin
* SCHNEIDER F., TORGLER B. & SCHALTEGGER C. (2008), Schattenwirtschaft und Steuermoral, Kompaktwissen, Ruegger Verlag, Zürich.
** SCHNEIDER F. & ENSTE D.H. (2000), Shadow Economies: Size, Causes and Consequences, Journal of Economic Literature, vol. 38, p. 77.
En savoir plus:
Article «Prospère, l’autre économie», Le Temps, 15 avril 2009.


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