La Chine est le grand vainqueur des dix dernières années si l'on en juge par la valeur de PIB que l'Empire du Milieu a accumulé: 3700 milliards de dollars. La Chine a créé l'équivalent de dix Suède, ou dix Australie, cinq Canada ou encore deux fois la France. En termes de richesse, celle des Chinois a quadruplé à 4000 dollars de PIB par habitant. Un montant considérable si on le met en rapport aux 20’000 milliards créés dans l'ensemble du monde. Jim O'Neill, le chef économiste de Goldman Sachs et auteur du terme de BRIC, le démontre au sein d'une récente étude*.
Les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) sont les grands gagnants de la décennie en parvenant à tripler leur PIB, à 9000 milliards de dollars fin 2009.
Les surprises ne manquent pas à la lecture des gagnants et perdants. En termes relatifs, la Russie est parvenue à augmenter de 4,8 fois sa taille de l'an 2000, l'Indonésie 3,5 fois et le Vietnam 3 fois. La croissance annuelle a en effet été de 4,5%, contre 8,2% à la Chine et 1,9% la France.
La décennie a été moins décevante pour les Etats-Unis que ne le laisse supposer les effets de l'éclatement de la bulle immobilière. Le pays a ajouté 4500 milliards de PIB en dix ans. Cela dépasse de peu ce que la Chine a créé.
Et l'Europe? Le bilan est rassurant puisque l'eurozone a ajouté 6000 milliards, soit davantage que la Chine ou les Etats-Unis. Par contre, le Japon est le grand perdant, n'ajoutant que 300 millions de dollars. Au classement des plus grandes économies mondiales, l'Empire du Soleil Levant cède sa place de second à la Chine.
En se projetant en 2019 et en poursuivant les lignes – un exercice toujours très audacieux –, la Chine atteindrait dans dix ans l'équivalent de trois fois sa taille actuelle, soit une économie de 12’000 milliards de dollars, ou encore les deux tiers de la taille actuelle des Etats-Unis.
D'où pourraient venir les surprises ces dix prochaines années? L'Allemagne pourrait étonner, ayant enfin digéré le coût de la réunification. Le Japon pourrait à nouveau décevoir et ajouter une troisième «décennie perdue». Mais la grande inconnue, ce sera la Russie. Impossible à prévoir, selon les auteurs de l'étude.
Goldman Sachs n'est de loin pas la seule banque à imaginer l'avenir en 2019. Les économistes d'une autre banque, Bank of America, se penchent sur l'Europe et le Moyen Orient et promettent le meilleur avenir à la Hongrie. Budapest pourrait entrer dans l'eurozone en 2014. La Tchéquie, la Pologne et la Roumanie doivent d'abord assainir leurs finances publiques.
* O’NEILL JIM (2010), Global Economics: The decade past and the decade ahead, Goldman Sachs.
En savoir plus:
- iconomix-Blog (10.02.2010): «Le yin et le yang»


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