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Les douloureux remèdes au déficit public

Le déficit public s'accroît dans de nombreux pays. Et la capacité de le combler est remise en question. Faut-il accepter davantage d'inflation? Relever les impôts? Réduire les dépenses publiques? Les économistes tirent la sonnette d'alarme mais ne cessent de s'affronter sur le meilleur choix possible. 

Un économiste américain célèbre pour la qualité de ses modèles présente les conséquences des différentes recettes possibles appliquées au déficit américain sur dix ans. Il s'agit de Ray C. Fair et ses résultats ne sont guère réjouissants pour l'économie américaine*. 

Les chiffres officiels d'abord. Le bureau du congrès prévoit un déficit public cumulé de 8700 milliards de dollars d'ici 2019. Un chiffre effrayant. D'autant qu'ils n'intègrent pas encore la réforme de la santé. Le déficit devrait grimper de 40,8 à 67,8% du PIB. 

Ray C. Fair a créé un modèle économétrique qui évalue les mérites éventuels des médicaments les plus appropriés à cette maladie du déficit public. Un modèle complexe et qui porte sur une période de 10 ans. Son scénario de base ouvre la porte à toutes les contestations. Mais l'execice est fort intéressant. Son scénario conduit à une inflation moyenne de plus de 3%, une croissance du PIB de 3% et un ratio du déficit public qui se stabilise autour de 6% du PIB.

Il teste ensuite l'effet d'une baisse annuelle de 5% du dollar. L'inflation doublerait par rapport à son scénario de base et grimperait à 6%. Mais le déficit public ne serait pas guéri pour autant et le PIB serait inférieur de 563 milliards. Ce n'est donc pas une bonne idée. 

L'économiste analyse ensuite l'effet d'une forte hausse des impôts sur le revenu, de l'ordre de 4% du PIB, et, séparément, d'une forte baisse des dépenses publiques, également de 4% du PIB. Les deux mesures seraient mises en oeuvre en 2011. Les deux mesures font très mal. Le taux de chômage grimpe à 6,8% dans dix ans avec la hausse d'impôts et 7,6% avec la baisse des dépenses publiques. Mais les deux mesures, l'une comme l'autre, résolvent le problème de la dette publique. Le déficit public tombe à 1,5% du PIB. La solution est bien là, mais elle a un coût estimé à 300 milliards de dollars par an de PIB.

Ne rien faire et espérer une croisance économique sensible ne suffirait pas, selon l'auteur. Mais l'effort exigé à travers une hausse d'impôts ou une baisse des dépenses rappelle Winston Churchill: «Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes, et de la sueur». Une hausse des impôts sur le chiffre d'affaires réduirait encore bien davantage le PIB et augmenterait sensiblement l'inflation, selon Ray C. Fair. L'incertitude sur le modèle et ses conséquences sont indiscutables, mais ces estimations soulignent la difficulté à s'attaquer à une hausse des déficits publics.

 

* FAIR R. C. (2009), Possible Macroeconomic Consequences of Large Future Federal Government Deficits, Cowles Foundation for Research in Economics, Discussion Paper 1727.

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Commentaires (1)Commenter
Sambucus
24 novembre 2009, 09:11
Ce raisonnement ne répond...

Ce raisonnement ne répond en aucune manière à la réalité. En effet, on assiste à une paupérisation d'une partie de plus en plus large de la population, tous pays confondus.


Ceci signifie une perte de pouvoir d'achat conséquente, ce qui est contraire aux intérêts des entrepreneurs. Les divergences d'intérêts entre l'économie financière et l'économie productive — dont accessoirement on entend parler depuis bientôt 20 ou 30 ans — doivent être résolues à très brève échéance. C'est prioritaire.


La crise actuelle démontre que les pays qui n'ont pas sacrifié leur sécurité sociale résistent mieux à la crise que les autres. Or la sécurité sociale est financée par les impôts. Économiquement parlant, il y a donc avantage.


Mais nous n'en sommes même plus là. Car un autre paramètre fondamental doit être pris en compte et rapidement, faute de quoi, il ne sera plus nécessaire de disserter comme le fait cet article. D'autres soucis existentiels nous accapareront. Je parle bien entendu de la crise climatique et écologique.


Ainsi, les deux crises se cumulent et il n'est plus possible de répondre par toujours plus de la même chose.


La question de la décroissance est posée. Sécher sur les réponses à y donner conduit à une impasse encore plus dramatique qu'elle n'est actuellement.


Je n'ose même pas parler de la question morale qui pourtant devrait gouverner les raisonnements qui conduisent à la gouvernance de la communauté humaine, étant entendu que l'économie n'en est pas dissociée.


L'économie étant paraît-il une science, elle semble n'avoir rien à faire de notion comme … la compassion par exemple. Assez curieusement, d'autres sciences comme la physique … incluent la philosophie et la morale dans ses travaux.

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