Les personnes avec peu de connaissances financières investissent trop peu dans les actions. – ce qui résonne comme une mauvaise blague au vu des récents événements boursiers. Cette thèse est toutefois bien analysée dans le cadre des impacts de l’éducation à l’économie. A long terme, les risques plus élevés des actions devraient être récompensés – selon la règle générale économique – par des rendements plus élevés que ceux générés par un compte épargne. Il est démontré que les ménages instruits et aisés placent plutôt une partie de leur fortune en actions*. Si la règle générale mentionnée ci-dessus se confirme, cela a pour effet d’augmenter le fossé entre les ménages pauvres et riches.
Une étude menée aux Pays-Bas a démontré un effet supplémentaire des connaissances financières: les personnes qui répondent mieux à des questions de «Financial Literacy» investissent plus fréquemment dans les actions que les autres personnes, toutes conditions étant égales par ailleurs, notamment la fortune et le degré de formation. Les auteurs déduisent à l’aide de diverses méthodes d’estimation que les connaissances influencent la manière d’investir et non l’inverse**.
Il faut cependant considérer de manière critique l’effet de la formation. Celui qui évite les actions ne commet pas d’erreur manifeste car celles-ci comportent des risques (fluctuations de cours). L’investissement en actions ne permet pas de garantir le rendement espéré.
Le graphique ci-dessus est une frustration pour tous les «suiveurs de règles générales» et un plaisir pour les yeux des sceptiques : depuis mai 2007, le SPI (un indice pour les actions suisses cotées en bourse) a chuté de près de 45%. Le constat est éloquent. A moins que l’on ne choisisse – et c’est toute la problématique des graphiques manipulables à souhaits – un autre horizon-temps. Voici à quoi ressemble le graphique sur 20 ans. L’ancienne période (mai 2007 à février 2009) est encadrée en rouge.
Malgré une crise financière aux dimensions historiques, cet indice d’actions a encore quadruplé au cours des 20 dernières années. Cela correspond à un rendement annuel de plus de 7%. Les économistes ont ainsi à nouveau eu de la chance: la règle générale ne semble pas si bête, du moins dans le cas d’un placement dosé et échelonnée dans le temps et d’une optique à long terme.
Une autre règle est moins controversée: lorsque l’on investi dans les actions, une large diversification mène au même résultat avec un risque moindre. Une étude suédoise à cherché à savoir si les gens diversifiaient correctement*. Les foyers subissent en moyenne peu de pertes à cause d’un manque de diversification. Une minorité – à nouveau moins instruite – pourrait cependant s’en sortir clairement mieux grâce à la diversification. Le rôle des connaissances économiques n’a cependant pas été pris en compte pour expliquer ces résultats.
Pour l’équipe d’iconomix,
Michael Manz et Jean-Marc Huguenin
* CAMPBELL J. (2006), Household Finance, The Journal of Finance, Vol. LXI-4, PP. 1553-1604.


Derniers commentaires