iconomix

Banque National Suisse

Mercredi, 08 février 2012,
11:03

Éducation financière de base - Partie 11: Le rôle de l'impatience

Supposons que, dans le cadre d’un jeu de loterie, vous ayez le choix suivant: Si vous gagnez, préférez-vous recevoir 49 francs aujourd’hui ou 50 francs dans un mois? Probablement que vous hésiteriez. En effet, tout le monde n’est pas disposé à attendre un mois juste pour obtenir un franc de plus. Et si l’on disait 47 francs aujourd’hui ou 50 dans un mois? Ou encore 44 francs aujourd’hui et 50 dans un mois? A un moment donné, vous n’hésiterez plus et choisirez d’attendre un mois.

Ce sont précisément les questions qu’ont posées les économistes Stephan Meier et Charles Sprenger dans le cadre d’une étude [1]. Ils en ont tiré des conclusions intéressantes quant aux préférences des personnes interrogées et à l’éducation à l’économie: les personnes impatientes sont moins disposées à améliorer leurs connaissances financières. On entend ici par «impatientes» les personnes qui accordent une plus grande importance au présent qu’à l’avenir. Elles ne sont prêtes à attendre un mois que si le gain qu’elles peuvent réaliser aujourd’hui est nettement moindre que celui qu’elles pourraient réaliser dans un mois (par exemple 22 francs au lieu de 50).

Les quelque 800 personnes interrogées à Boston (Etats—Unis) ont non seulement dû répondre aux questions ci-dessus, mais elles ont aussi participé à une vraie loterie. En cas de gain, le prix était versé selon la variante choisie. Tous les participants pouvaient également bénéficier gratuitement d'informations utiles sur les crédits. Toutefois, seules 55% des personnes interrogées ont fait usage de cette offre. Il s’agissait essentiellement de personnes qui possédaient des connaissances préalables en la matière. Mais, même si l’on tient compte de cet aspect, il s’agissait essentiellement des personnes «plus patientes», c’est-à-dire celles qui étaient prêtes à attendre plus longtemps pour obtenir un gain plus élevé, même minime.

Il existe une interprétation toute naturelle de ce résultat: l’acquisition de connaissances financières est – à l’instar de la formation dans son ensemble – un investissement qui implique des sacrifices à court terme, mais qui s’avère payant à long terme. Les personnes qui accordent une plus grande importance à l’avenir se sentent donc davantage interpellées. Il faut certainement considérer avec circonspection les conclusions que l'on peut tirer de cette enquête. Il n’empêche que son résultat souligne un fait important: les mesures de formation volontaires attirent les personnes qui présentent certaines caractéristiques (par exemple celles qui sont plus patientes ou qui possèdent de meilleures connaissances financières). On peut en tirer les deux conclusions suivantes:

  • Si l’on veut qu’une mesure de formation attire les «autres» personnes, il faut soit veiller à ce que cette mesure ait un caractère subliminaire, soit la proposer dans un cadre obligatoire tel que l'école.
  • Si l'on compare les connaissances des participants à un programme avec celles d'autres individus, on surestime l'effet de ce programme. En effet, les participants possèdent généralement un avantage préalable. Ce biais de sélection n’est pas pris en considération dans toutes les évaluations.

Pour l’équipe d’iconomix
Michael Manz

[1] Meier S.& Sprenger C. (2008), Discounting Financial Literacy: Time Preferences and Participation in Financial Education Programs, Working Paper.

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Mercredi, 08 février 2012,
11:02

Éducation financière de base - Partie 10: De la mesurabilité

Attention: si vous ne répondez pas correctement à la question suivante, vous risquez d’être taxé d’«ignare en finances»:

Quand est-il conseillé d’épargner?
a. Dès que l’on a 18 ans.
b. Dès que l’on a un peu d'argent en plus.
c. A chaque fois que l’on reçoit de l’argent [1].

La «bonne réponse» est bien entendu c. Mais en réalité, c. n’est pas la bonne réponse. Il existe en effet des situations où il n’est pas absolument nécessaire d’épargner – c’est précisément pour ces moments-là que l’on épargne. Par exemple, lorsque l’on veut investir dans une formation qui sera payante plus tard. Ou encore si l'on désire inviter l’élu(e) de son cœur à un dîner romantique [2].

La question ci-dessus met deux éléments en lumière: premièrement, malgré toutes les études évoquées dans les diverses interventions sur le blog, on ne sait toujours pas précisément ce qu'il faut entendre par connaissances financières ou financial literacy. D’après un récapitulatif de l’économiste américaine Sandra Houston, plus de 70% des 72 enquêtes considérées n’ont pas pris la peine de définir les connaissances financières étudiées. Deuxièmement, les compétences financières ou, de manière plus générale, les compétences économiques sont difficilement mesurables.

Le premier problème – à savoir le manque d’une base commune et reconnue – a pour conséquence que bien souvent, une enquête porte sur des domaines spécifiques et que les résultats sont ensuite amalgamés aux connaissances financières. La question suivante sur les fonds de placement est tirée d’une étude menée actuellement en Suisse[3]:

Les fonds de placement peuvent généralement être vendus sur une base quotidienne, c’est-à-dire sans l’observation de délais. Vrai ou faux? La bonne réponse est «vrai». 36% des personnes interrogées pensaient que c’était faux. Et 21% n’ont pas pu répondre à la question. Les réponses apportées à de telles questions spécifiques donnent lieu à des gros titres tels que «Les Suisses surestiment largement leurs connaissances financières». Il serait plus approprié d’en tirer la conclusion qu’ils possèdent peu de connaissances sur les caractéristiques des fonds de placement.

Le deuxième problème lié à la mesurabilité tient au dilemme suivant: d’un côté, les enquêtes ne s’intéressent pas seulement aux connaissances, mais aussi aux compétences et aux comportements. De l’autre, en raison du manque de temps et de moyens ainsi que d’autres restrictions, la plupart des enquêtes reposent sur des questions «vrai ou faux» qui ne reflètent qu’en partie des situations réelles. C’est pourquoi les questions posées sont souvent simplistes et se résument à «épargner, c’est bien; dépenser, c’est mal». Ou, de manière plus radicale: celui qui coche une réponse amusante passe pour un âne en matière de finances.

Mais il est plus simple de souligner le problème de la mesurabilité que de trouver des solutions appropriées. N’y a-t-il vraiment pas d'enquêtes de référence sur les connaissances financières ou économiques? Nous tenterons de répondre à cette question dans une prochaine intervention…

Pour l’équipe d’iconomix
Michael Manz

[1] Traduction d’un questionnaire d’évaluation pour cours financiers de l'organisation Operation Hope, dont il ne s’agit ici en aucun cas de critiquer l’engagement ni les programmes.

[2] Parfois, il vaudrait même peut-être la peine de s’endetter. Mais, comme toujours, sans garantie…

[3] Etude menée pour le compte de la société AXA Investment Managers. Voir le communiqué de presse de juin 2009.

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Vendredi, 03 février 2012,
10:36

10 000 ans d’économie

Est-ce que l’histoire de l’économie vous intéresse? Si la réponse est «oui» vous avez frappé à la bonne porte. La Banque de France http://www.banque-france.fr/accueil.html avec son projet «Cité de l’économie et de la monnaie http://www.citedeleconomie.fr/-Francais-» vous propose un voyage passionnant à travers l’histoire de l’économie.

Dans cette page Internet interactive vous trouverez une catégorisation de ces 10 000 ans d’histoire en 5 périodes:

  • De la préhistoire à la monnaie métallique
  • De l’économie antique aux grandes découvertes
  • Des grandes découvertes à la révolution industrielle
  • Les révolutions industrielles
  • Le monde contemporain

Chaque période propose plusieurs images avec des explications concises qui permettent de se familiariser rapidement avec ces notions ou simplement de rafraichir ses connaissances préalables en histoire de l’économie.

Pour l’équipe d’iconomix
Alexandre Mondoux

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Lundi, 30 janvier 2012,
14:57

Les finances publiques sont-elles bien gérées en Suisse?

L’année dernière, l’actualité économique a été dominée par la mauvaise gestion des budgets publics http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_la_dette_dans_la_zone_euro de la majeure partie des pays de la zone euro, avec toutes les conséquences néfastes que cela implique pour leurs habitants. On l’a encore constaté récemment avec la perte de la note AAA http://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_de_notation de certains pays comme la France.

Mais qu’en est-il en Suisse?  On sait qu’il est un des derniers à bénéficier du AAA. Un classement http://www.idheap.ch/idheap.nsf/vwBaseDocuments/U2RExIntroComparatif?OpenDocument&lng=fr publié en fin d’année dernière par l’IDHEAP http://www.idheap.ch/ de Lausanne (une sorte d’Université qui forme les fonctionnaires suisses) confirme que nos finances publiques s’avèrent très bien gérées, y compris au niveau cantonal.

En effet, pressentant la crise, les responsables cantonaux des finances ont été très prudents et ils ont signé, en 2010 (les chiffres les plus récents à notre disposition), une performance globale assez exceptionnelle. Mieux : «une performance jamais atteinte depuis les 11 ans que le Comparatif de l'Idheap est publié» affirme même le journaliste Pierre Ballay.

En effet, en 2010, les sept meilleurs réalisent une moyenne supérieure à 5,5 (sur 6) et il faut aller jusqu' au 17e rang pour trouver une note inférieure à 5. Seuls deux cantons n'atteignent pas le cap du 4 fatidique: Bâle-Campagne (3,7) et Schwyz (3,5). Quant à la Confédération, elle obtient elle aussi une très bonne note (5,4).

En tête de ce classement, Lucerne précède Zurich et Genève. Parmi les cantons romands les moins bien classés, on trouve Vaud, à la 21ème place, avec quand même 4,6 de moyenne.

Précisons que ce classement ne tient pas seulement compte de la santé financière des cantons http://www.idheap.ch/idheap.nsf/webvwFichier/DBB77831F524D9D8C125791F003B8FC5/$FILE/Comparatif+M%C3%A9thodologie.pdf, mais aussi de leur capacité à établir puis à respecter leur budget. «Il importe de rappeler que cette analyse n'est pas un rating, explique Pierre Ballay. Dans leurs appréciations, les agences de notation jugent si une collectivité sera capable de rembourser ses dettes. L'ambition du Comparatif de l'Idheap est différente: il s'agit de mettre en lumière les développements de la situation financière de cette collectivité au cours du dernier exercice. Il permet de dégager l'évolution de la dette par rapport à l'année précédente mais dit rien de l'histoire de l'endettement et, notamment, du stock de la dette accumulée».

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Lundi, 23 janvier 2012,
19:45

Le vrai coût du naufrage du Concordia

Les médias ont largement couvert l’incompréhensible naufrage du Concordia http://fr.wikipedia.org/wiki/Costa_Concordia. Et ils ont souvent parlé de ses coûts directs pour son propriétaire, le groupe Carnival http://fr.wikipedia.org/wiki/Carnival_Corporation_%26_plc, qui contrôle la moitié du marché mondial des croisières. Mais ils ont par contre la plupart du temps oublié de parler des coûts indirects de cet accident. Les prendre en compte donne un éclairage complètement différent de son impact économique.

1) Les coûts directs
Dès le lendemain de la catastrophe, le propriétaire du bateau, assuré pour 500 millions de francs, a estimé que le naufrage allait avoir un impact de plus ou moins 90 millions sur ses comptes, ce qui ne représente que 5% du bénéfice estimé pour 2011.
Dans son analyse, le Financial Times est plus pessimiste http://www.ft.com/intl/cms/s/0/063d6e12-3f88-11e1-8809-00144feab49a.html#axzz1juW7qOwx: il estime que les coûts directs totaux approcheraient en fait les 200 millions de francs, dont 140 millions pour les pertes directes (y compris tous les touristes qui vont renoncer à réserver une croisière avec cette compagnie, suite à l’accident) et les reste pour rembourser les opérations de secours et le renflouement du bateau.

2) Les coûts judiciaires
Il faut ajouter à ces 200 millions de francs, les coûts des procédures judiciaires, soit les dommages et intérêts que devra payer la compagnie aux familles des victimes, les dommages aux passagers qui ont survécu mais qui ont perdu toutes leurs affaires dans le naufrage, et, bien entendu, les amendes des autorités suite à la pollution du site.
Des montants qui vont probablement se chiffrer en centaines de millions de francs. Les estimations varient, selon les experts, entre 400 et 800 millions de francs. Heureusement pour la compagnie, une grande partie de ces montants devraient être payé par ses assurances.

3) Les coûts boursiers
Il faut encore ajouter à tout cela les coûts boursiers. L’action de l’entreprise, le lendemain du naufrage a perdu 16,5% http://markets.ft.com/research/Markets/Tearsheets/Summary?s=uk:CCL, (avant de regagner un peu de terrain les jours suivants), ce qui représentait une perte de plus de 5 milliards de francs de capitalisation boursière! De quoi se payer toute une flotte de navires comme le Concordia.

4) La facture finale
Au final, le coût économique total du naufrage, est nettement plus élevé  que ce que pourrait laisser croire une première analyse. Et les coûts directs, même s’ils se chiffrent en dizaines de millions, sont dérisoires par rapport aux coûts économiques totaux.

La morale de cette histoire? Selon l’angle d’approche, les estimations des coûts d’un événement peuvent varier de manière impressionnante. Dans notre cas, de 90 millions de francs selon la compagnie maritime (qui a tout intérêt à minimiser les pertes résultant du naufrage, pour ne pas effrayer les investisseurs), à près de 6 milliards de francs si l’on englobe la totalité des pertes générées par cet accident, y compris les pertes subies par les actionnaires et les conséquences des nombreux procès que devra essuyer la compagnie.

Comme quoi, il faut toujours faire attention aux chiffres dont vous abreuvent les medias.

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Vendredi, 20 janvier 2012,
14:47

Perspectives en baisse pour la conjoncture suisse en 2012

Selon Aymo Brunetti, économiste en chef du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), dans un entretien publié samedi par le journal "Aargauer Zeitung" et repris par Romandie News http://www.romandie.com/news/n/PRESSECHConjoncture_recession_possible_cet_hiver_selon_Aymo_Brunetti_SECO121220110612.asp (12.12.2011), «l'économie suisse pourrait se trouver en récession cet hiver». Cette perspective serait dû principalement à la force du franc et à la baisse de la demande mondiale, notamment dans la zone euro.

«Il y a eu un affaiblissement conjoncturel au troisième trimestre 2011», et «Il est tout à fait imaginable que nous observions deux trimestres négatifs. Cependant, dans son ensemble, l'économie suisse se porte encore bien.» d’après le chef économiste du Seco.

Aymo Brunetti, tout en restant modérément positif quand à l’évolution conjoncturelle suisse, déclare qu’on ne nécessite pas de mesures conjoncturelles supplémentaires et affirme que «les pronostics actuels ne laissent pas entrevoir une activité économique fortement affectée et assortie d'un taux de chômage en forte hausse».

«Durant le troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) progressait encore de près de 0,2% par rapport au trimestre précédent. Il s'agit de la valeur la plus faible depuis le deuxième trimestre 2009 lorsque l'économie s'est trouvée en récession et que le PIB s'est contracté.»

* * *

iconomix vient de publier Tendances conjoncturelles pour l'édition d'hiver 2011/2012 http://www.iconomix.ch/fr/alacarte/detail/a026/journal/tendances-conjoncturelles-18-janvier-2012/. Cette publication est basée sur celle du Seco et offre pour les trois thèmes, l'économie mondiale, la position de l'économie suisse, les risques, un certain nombre de questions de compréhension et d’approfondissement.

Pour chaque numéro est prévu un dossier spécial avec des questions de compréhension et d'approfondissement didactiquement accessibles. Dans ce numéro, le thème choisi est: «Zone euro: aggravation de la crise de la dette et fardeau croissant pour la conjoncture».

Une autre caractéristique de cette publication c'est un ensemble d’environ 40 diapositives qui représentent des graphiques et des tableaux. Celles-ci sont un complément idéal au matériel didactique «Tendances conjoncturelles» et représentent une ressource utile dans l’enseignement de l’économie.

Pour l’équipe d’iconomix
Alexandre Mondoux

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Vendredi, 13 janvier 2012,
18:12

Les marchés sont-ils vraiment rationnels?

En quelques jours, le cours de l’action de la banque Unicredit http://www.finanzen.ch/chart/UniCredit a perdu presque 50% de sa valeur! Comment expliquer une telle chute?

Cette déroute est une bonne illustration de la manière dont fonctionnent actuellement les marchés. Ceux-ci se basent non plus sur une valorisation «objective» http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89valuation_d'entreprise des entreprises, dans un marché aux acteurs rationnels, comme le voudrait la théorie financière traditionnelle http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_moderne_du_portefeuille, mais essentiellement sur des réactions psychologiques de ces investisseurs, comme le soutient la finance comportementale http://fr.wikipedia.org/wiki/Finance_comportementale.

Le cas d’Unicredit http://fr.wikipedia.org/wiki/Unicredit_Group confirme bien cette affirmation.

Le géant bancaire italien, qui emploie 160'000 personnes, n’a pas assez de fonds propres pour répondre aux nouvelles réglementations bancaires, il a donc lancé une augmentation de capital.

Comme les investisseurs sont devenus réticents à prêter actuellement aux banques, surtout dans des pays aux économies sinistrées comme l’Italie, Unicredit a dû proposer des conditions très attractives pour tenter de convaincre les investisseurs. Ce qui a eu un effet pervers.

En effet, quel est le message qu’a fait passer la banque? Que sa situation réelle était pire que supposé: si elle a dû proposer des conditions très attractives aux nouveaux investisseurs, c’est bien qu’elle estimait que personne ne voudrait investir à des conditions normales. Sans surprise, lesdits investisseurs ont pris peur et ont vendu en masse, faisant s’effondrer le cours de l’action.

Il est vrai que la banque italienne venait de publier une gigantesque perte de plus de 13 milliards de francs au troisième trimestre et qu’elle avait déjà procédé à deux augmentations de capital ces deux dernières années. Pas vraiment les signes d’une entreprise très saine.

Reste que les investisseurs savent depuis trois ans que l’entreprise va mal. Ce qui se reflète d’ailleurs dans le cours de son action. Elle avait déjà perdu 90% de sa valeur depuis les sommets atteints en 2008 http://www.cash.ch/boerse/kursinfo/charts/Unicredit/14618103/46/814/MAXIMUM. Ce qui n’a pas empêché cette action de perdre encore 46% de sa valeur restante en à peine plus d’une semaine, à la suite de l’annonce des conditions de la dernière augmentation de capital.

Pourtant, objectivement, Unicredit ne valait pas moitié moins le 9 janvier 2012 que le 2 janvier 2012. En tant qu’entreprise, avec tous ses collaborateurs, ses bureaux, ses clients, ses affaires, la banque n’a pas changé tant que cela en une semaine.

Preuve donc que la réaction des investisseurs a été complètement émotive et que leur comportement, surtout en période d’incertitude, n’est pas rationnel, mais psychologique.

N.B. Il serait possible de faire exactement la même démonstration en période d’euphorie, ce qui explique l’apparition des fameuses bulles financières http://fr.wikipedia.org/wiki/Bulle_(%C3%A9conomie).

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Mardi, 10 janvier 2012,
10:44

Face à la crise, les atouts et les handicaps de la Suisse en 2012

Dans quelques mois des milliers de jeunes vont terminer leurs études et vont se mettre à chercher un emploi. Ce qui pourrait être un peu compliqué si la crise économique s’accentue, comme le pensent un certain nombre d’observateurs. Mais cela sera-t-il vraiment le cas? Serge Gaillard http://www.seco.admin.ch/aktuell/00277/01164/01980/index.html?lang=fr&msg-id=8456, responsable de la Direction du travail au Secrétariat d'Etat à l’économie, une des meilleurs observateurs du marché de l’emploi en Suisse, a récemment fait part de ses prévisions à la presse.

Pour lui, il y a deux facteurs qui pèsent sur l'évolution future de l'économie suisse. Le premier est la surévaluation du franc suisse. Il est aujourd'hui presque 20% plus cher qu'à fin 2009, ce qui renchérit d'autant toute la production suisse par rapport aux concurrents européens. A cela s'ajoute l'incertitude sur le développement de l'économie européenne. Jusqu'à présent, le monde politique européen n'a pas réussi à éviter que la crise de la dette dans deux ou trois petits pays ne déstabilise les marchés financiers, avec un risque de récession et même de crise bancaire en Europe. «Nous entrons dans une phase difficile, cette fois avec des conditions de départ moins bonnes que lors de la crise de 2008 » estime l’économiste.

Reste que, à long terme, la Suisse possède d'excellentes perspectives, poursuit Serge Gaillard. Son économie est diversifiée et innovatrice, sa population active bien formée et motivée, ses structures étatiques ont prouvé leurs capacités à résoudre les problèmes et ses infrastructures sont bonnes. D'autre part, la politique économique possède à court terme une grande marge de manœuvre pour stabiliser la conjoncture. Notre pays est par ailleurs peu endetté, ce qui laisse la possibilité aux finances publiques de réagir si nécessaire. Sur le front du chômage, le Secrétariat d'Etat à l’économie espère qu'un maximum d'entreprises utiliseront le chômage partiel plutôt que de licencier leur personnel.

Mais cela ne devrait pour autant pas éviter des restructurations. Comme l’explique Serge Gaillard, dans un premier temps, les entreprises baissent leurs prix, puis elles tentent d'augmenter la pression sur les fournisseurs, diminuent leur degré d'intégration et s'approvisionnent davantage à l'étranger. Une fois ces mesures épuisées, reste le dernier recours: les licenciements. Dans ce contexte, le secrétariat d'Etat à l’économie s’attend à une progression continue en 2012 du chômage http://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&msg-id=42657, de 3 % actuellement à 3,9 % fin 2012, avant une décrue progressive durant l’année 2013.

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Mercredi, 21 décembre 2011,
17:04

La politique monétaire en jeu

Certaines banques centrales offrent des concepts didactiques, sous forme de jeu, pour mieux faire comprendre à la population les rouages de la politique monétaire. Si les étudiants sont sensibilisés le plus tôt possible aux fondements de l’économie politique et plus particulièrement à ceux de la politique monétaire, il sera plus aisé pour une banque centrale de faire comprendre ses propres décisions à la population.

Pour la Banque nationale suisse http://www.snb.ch/fr (BNS), iconomix offre l’unité d’enseignement «Politique monétaire http://www.iconomix.ch/fr/modules/detail/m04a/» où les étudiants, avec l’aide des professeurs, ont la possibilité de se confronter à une simulation de politique monétaire (MOPOS http://www.iconomix.ch/froodle/Mopos%20Base/80052-fr-continue-go). Pour ce jeu ils sont amenés à prendre des décision en matière de politique monétaire, par le biais du taux d’intérêt directeur.

Le site de la Banque centrale européenne http://www.ecb.eu/ecb/html/index.fr.html (BCE), dans la rubrique «en savoir plus http://www.ecb.eu/ecb/educational/html/index.fr.html» propose des vidéos explicatives, des textes,… qui donnent un support didactique aux enseignants tout en permettant aux étudiants de se familiariser avec le sujet de la politique monétaire. Deux jeux particulièrement intéressants sont proposés:

  • «Economia http://www.ecb.eu/ecb/educational/economia/html/index.fr.html»: un jeu sur la politique monétaire où l’objectif est de «maintenir l'inflation à un niveau faible et stable, juste en dessous de 2 %» par le biais d’un instrument: le taux d'intérêt directeur.
  • «Inflation Island http://www.ecb.eu/ecb/educational/inflationisland/html/index.fr.html»: l’étudiant se retrouve sur l’ile de l’inflation et a la possibilité de tester les réactions des personnages du jeu et par la même occasion ses connaissances sur ce vaste sujet.

La Banque d’Angleterre http://www.bankofengland.co.uk/ offre également le jeu «The Monetary Policy Balloon http://www.bankofengland.co.uk/education/inflation/balloon/index.htm» où le but est de maintenir une montgolfière dans un certain intervalle d’inflation pour éviter sa déroute et garder ainsi le contrôle de la banque centrale.

Pour l’équipe d’iconomix
Alexandre Mondoux

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Mercredi, 21 décembre 2011,
16:31

7 milliardième habitant et les cours des prix alimentaires

Ca y est! le 7 milliardième enfant est né! Certains auraient dit que ce n’était qu’une question de temps. Essayons d’aller voir quelles peuvent être les implications de l’augmentation de la population mondiale sur l’économie et l’alimentation.

L’article de blog de la Banque mondiale «Le monde accueille son 7 milliardième habitant en pleine instabilité des prix alimentaires http://blogs.worldbank.org/meetings/fr/le-monde-accueille-son-7-milliardi-me-habitant-en-pleine-instabilit-des-prix-alimentaires» retrace les problèmes de l’alimentation face à l’augmentation de la population. En ce temps d’incertitude, il n’y a pas seulement la volatilité des marchés boursiers mais il y a aussi celle des prix des denrées alimentaires mondiales. Les personne plus affectées sont évidemment les pauvres des états les plus en difficulté.

Voici quelques liens supplémentaires sur le thème:

Pour l’équipe d’iconomix
Alexandre Mondoux

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