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Vendredi, 20 janvier 2012,
14:47

Perspectives en baisse pour la conjoncture suisse en 2012

Selon Aymo Brunetti, économiste en chef du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), dans un entretien publié samedi par le journal "Aargauer Zeitung" et repris par Romandie Newswww.romandie.com/... (12.12.2011), «l'économie suisse pourrait se trouver en récession cet hiver». Cette perspective serait dû principalement à la force du franc et à la baisse de la demande mondiale, notamment dans la zone euro.

«Il y a eu un affaiblissement conjoncturel au troisième trimestre 2011», et «Il est tout à fait imaginable que nous observions deux trimestres négatifs. Cependant, dans son ensemble, l'économie suisse se porte encore bien.» d’après le chef économiste du Seco.

Aymo Brunetti, tout en restant modérément positif quand à l’évolution conjoncturelle suisse, déclare qu’on ne nécessite pas de mesures conjoncturelles supplémentaires et affirme que «les pronostics actuels ne laissent pas entrevoir une activité économique fortement affectée et assortie d'un taux de chômage en forte hausse».

«Durant le troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) progressait encore de près de 0,2% par rapport au trimestre précédent. Il s'agit de la valeur la plus faible depuis le deuxième trimestre 2009 lorsque l'économie s'est trouvée en récession et que le PIB s'est contracté.»

* * *

iconomix vient de publier Tendances conjoncturelles pour l'édition d'hiver 2011/2012www.iconomix.ch/.... Cette publication est basée sur celle du Seco et offre pour les trois thèmes, l'économie mondiale, la position de l'économie suisse, les risques, un certain nombre de questions de compréhension et d’approfondissement.

Pour chaque numéro est prévu un dossier spécial avec des questions de compréhension et d'approfondissement didactiquement accessibles. Dans ce numéro, le thème choisi est: «Zone euro: aggravation de la crise de la dette et fardeau croissant pour la conjoncture».

Une autre caractéristique de cette publication c'est un ensemble d’environ 40 diapositives qui représentent des graphiques et des tableaux. Celles-ci sont un complément idéal au matériel didactique «Tendances conjoncturelles» et représentent une ressource utile dans l’enseignement de l’économie.

Pour l’équipe d’iconomix
Alexandre Mondoux

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Mardi, 10 janvier 2012,
10:44

Face à la crise, les atouts et les handicaps de la Suisse en 2012

Dans quelques mois des milliers de jeunes vont terminer leurs études et vont se mettre à chercher un emploi. Ce qui pourrait être un peu compliqué si la crise économique s’accentue, comme le pensent un certain nombre d’observateurs. Mais cela sera-t-il vraiment le cas? Serge Gaillardwww.seco.admin.ch/..., responsable de la Direction du travail au Secrétariat d'Etat à l’économie, une des meilleurs observateurs du marché de l’emploi en Suisse, a récemment fait part de ses prévisions à la presse.

Pour lui, il y a deux facteurs qui pèsent sur l'évolution future de l'économie suisse. Le premier est la surévaluation du franc suisse. Il est aujourd'hui presque 20% plus cher qu'à fin 2009, ce qui renchérit d'autant toute la production suisse par rapport aux concurrents européens. A cela s'ajoute l'incertitude sur le développement de l'économie européenne. Jusqu'à présent, le monde politique européen n'a pas réussi à éviter que la crise de la dette dans deux ou trois petits pays ne déstabilise les marchés financiers, avec un risque de récession et même de crise bancaire en Europe. «Nous entrons dans une phase difficile, cette fois avec des conditions de départ moins bonnes que lors de la crise de 2008 » estime l’économiste.

Reste que, à long terme, la Suisse possède d'excellentes perspectives, poursuit Serge Gaillard. Son économie est diversifiée et innovatrice, sa population active bien formée et motivée, ses structures étatiques ont prouvé leurs capacités à résoudre les problèmes et ses infrastructures sont bonnes. D'autre part, la politique économique possède à court terme une grande marge de manœuvre pour stabiliser la conjoncture. Notre pays est par ailleurs peu endetté, ce qui laisse la possibilité aux finances publiques de réagir si nécessaire. Sur le front du chômage, le Secrétariat d'Etat à l’économie espère qu'un maximum d'entreprises utiliseront le chômage partiel plutôt que de licencier leur personnel.

Mais cela ne devrait pour autant pas éviter des restructurations. Comme l’explique Serge Gaillard, dans un premier temps, les entreprises baissent leurs prix, puis elles tentent d'augmenter la pression sur les fournisseurs, diminuent leur degré d'intégration et s'approvisionnent davantage à l'étranger. Une fois ces mesures épuisées, reste le dernier recours: les licenciements. Dans ce contexte, le secrétariat d'Etat à l’économie s’attend à une progression continue en 2012 du chômagewww.news.admin.ch/..., de 3 % actuellement à 3,9 % fin 2012, avant une décrue progressive durant l’année 2013.

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Vendredi, 14 octobre 2011,
19:00

Deux questions importantes sur sa carrière

Permettez-moi de revenir sur le récent sondage de Kelly Services, dont nous parlions dans une précédente notice iconomix.ch/...(celle du 30 septembre). Car ce sondage donne aussi des indications intéressantes sur deux point importants: la nécessité de la formation continue et les velléités de changements de carrière. Voyons donc ce que dit ce sondage sur ces deux points.

1) La formation continue: indispensable à la carrière, estime la génération Y
On l’a vu dans la notice du 30 septembre, l’expérience professionnelle est cruciale dans une carrière. Mais il ne faut pas pour autant se reposer sur ses acquis. Pour faire avancer sa carrière, il faut aussi approfondir ses compétences en suivant des formations continues. C’est ce que répètent tous les profs à l’école et c’est aussi l’avis de 98% des Suisses interrogés! «Les débutants en particulier peuvent se présenter à des fonctions plus élevées en suivant des formations continues parallèlement à leur travail» commente Peter Güggi, responsable de Kelly Services.
Quelles que soient les régions à travers le monde, assure le sondeur, ce sont les personnes interrogées issues de la génération Y qui sont le plus prêtes à améliorer leurs compétences, pour faire avancer leur carrière. Elles sont suivies par la génération X (60%) et la génération du babyboom (55%).

2) Changement de carrière: une majorité va le faire à court terme
On le sait, la carrière à vie appartient au passé. Même au Japon. Aujourd’hui, un salarié va changer plusieurs fois d’entreprise et de métier dans sa vie. D’ailleurs, le dernier sondage de Kelly Serviceswww.kellyservices.ch/... montre que plus de la moitié des personnes interrogées à travers le monde (57%) veulent changer de domaine d’activité ou de branche dans les cinq années à venir. Et c’est encore plus marqué en Suisse, où 65% des personnes interrogées sont favorables à un changement.
Par contre, la Suisse est différente du reste du monde sur un point essentiel: à l’étranger, c’est surtout pour avoir un meilleur revenu que l’on veut changer de métier (27%). Pas en Suisse.
Chez nous, 38% des gens veulent changer de travail par intérêt personnel et 23% pour améliorer l’équilibre entre leur travail et leur vie privée. Seulement 12% des gens veulent changer pour un meilleur revenu. Ce qui veut dire, d’une part, qu’en Suisse, les salaires sont meilleurs, de l’autre que les employés sont convaincus que l’on peut vraiment s’épanouir dans son travail.

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Vendredi, 30 septembre 2011,
12:02

Pour faire carrière vaut-il mieux une bonne formation ou une bonne expérience?

Pour faire carrière vaut-il mieux une bonne formation ou une bonne expérience? Voilà une question qui intéresse tous les étudiants. Après tout, on répète encore souvent que des mauvaises notes à l’école handicapent irrémédiablement une carrière. Eh bien, ce n’est pas tout à fait vrai.

Un récent sondage de Kelly Services (un gros prestataire de services en ressources humaines) montre que si l'on veut faire carrière, on a besoin surtout d'une chose: de l'expérience. 72% des Suisses interrogés en sont convaincus. 26% seulement considèrent que la formation est plus importante. La Suisse partage ainsi cet avis avec la majorité des pays européens.

En fait, l’école suivie et les diplômes obtenus ne sont vraiment importants que pour les premiers emplois. Ensuite, l'expérience devient un critère essentiel en matière d'embauche: «Plus le poste est exigeant et plus le candidat est âgé, plus on accorde d'importance à l'expérience professionnelle», assure ce sondage. «Quant à la formation initiale, elle ne joue alors qu'un rôle secondaire.»

Les résultats de la comparaison au niveau mondial entre les générations confirment cette tendance: 83% des personnes appartenant à la génération du babyboom (48 à 65 ans) et 82% parmi la génération X (30 à 47 ans) sont persuadés que l'expérience compte plus que la formation; dans la génération Y (18 à 29 ans), 76% sont de cet avis.
Une légère différence apparaît cependant lorsque l’on compare les branches d’activité: L'expérience est particulièrement importante aux yeux des personnes interrogées issues de toutes les branches. Par exemple, dans la branche de l'informatique, du commerce de détail, du domaine des transports et de la distribution, 83% d'entre eux privilégient l’expérience; 15% seulement pensent que la formation compte plus pour faire carrière.

Attention, ce sondage ne veut pas dire qu’il n’est pas nécessaire de bien travailler à l’école. Par contre, il permet aux élèves et aux étudiants qui n’ont pas eu une scolarité très brillante de ne pas perdre espoir.

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Vendredi, 23 septembre 2011,
16:03

Plus on est formé, plus on est payé. La preuve.

Dans l’étude sur les salaires en Suisse publiée par l’Office fédéral de la statistique (OFS)www.portal-stat.admin.ch/..., on trouve un chapitre très intéressant sur la corrélation entre le niveau des études et celui du salaire. Sans surprise, on constate que plus la formation est élevée, meilleur est le salaire, en moyenne.

Voici ce qu’en disent les experts de la Confédération : «Avec un salaire de 10’211 francs en 2008, les personnes possédant un titre universitaire gagnaient en moyenne 1,8 fois plus qu’une personne titulaire d’un certificat fédéral de capacité (CFC; 5634 francs) et 2,3 fois plus qu’une personne sans formation complète (4449 francs).» [1]
Mais avoir un diplôme n’est pas tout, encore faut-il qu’il soit délivré par la bonne école. En effet, poursuivent les économistes de la Confédération, dans la catégorie «degré tertiaire» regroupant l’ensemble des hautes écoles, les universitaires (10’211 francs) touchaient en moyenne 1,2 fois plus que les personnes au bénéfice d’un diplôme d’une haute école spécialisée (HES; 8867 francs).

De telles différences peuvent aisément se comprendre. Les personnes les mieux formées sont en général celles qui accèdent à des postes à responsabilité, par définition mieux payés. Mais la «prime» aux études va plus loin, comme le précisent les statisticiens de l’OFS. Selon eux, «ces différences de salaires varient également pour un même niveau hiérarchique en fonction de la formation: les cadres supérieurs et moyens avec une formation universitaire gagnent mensuellement 13’474 francs, soit 1,9 fois plus que les bénéficiaires d’un CFC (7137 francs) et 2,5 fois plus que les cadres de même niveau sans formation complète (5366 francs; graphique G4). Cette différence s’atténue toutefois si on compare les cadres supérieurs et moyens universitaires aux cadres bénéficiant d’un diplôme d’une haute école spécialisée (13’474 francs vs 10’854 francs, soit 1,2 fois plus). Par ailleurs, plus on descend dans la hiérarchie, plus les écarts de salaires se réduisent entre les différentes formations». [1]
Voilà qui devrait convaincre tous les étudiants de poursuivre leurs études…

[1] Actualités OFS, Vie active et rémunération du travail, Enquête suisse sur la structure des salaires 2008www.google.ch/..., Principaux résultats, Novembre 2009, Neuchâtel, page 8

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Mardi, 20 septembre 2011,
11:45

La vérité sur la crise

S.A. Morad El Hattab (conseiller-expert en ingénierie financière et en intelligence économique) et Irving Silverschmidt (spécialiste des rachats d’entreprises et des émissions de titres de crédit à haut rendement) nous proposent un exercice sur les mécanismes dans le retour de la crise financière. Ce livre fait notamment une analyse sur les états «pigs» (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) qui n’arrivent pas à sortir de leurs dettes et sur ceux qui devront passer «à la caisse»: les citoyens européens avec en premier lieu la déflation, la désindustrialisation et de lourdes baisses des salaires (Editions Léo Scheerwww.leoscheer.com/..., 2011). A ce propos, voir les vidéos des interviews de S.A. Morad El Hattabwww.dailymotion.com/... (Frances 3, ce soir ou jamais, Vers la fin de l’euro?, 4 avril 2011) et de Irving Silverschmidtwww.labourseetlavie.com/... (labourseetlavie.com, à propos de l’ouvrage «La vérité sur la crise», 21 octobre 2010).

Pour l'équipe d'iconomix
Alexandre Mondoux

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Vendredi, 16 septembre 2011,
17:06

Comment établir son budget?

Etablir un budget à l’intérieur d’une famille, pour une personne seule, voir pour un adolescent n’est jamais une tâche facile. Les justes combinaisons entre les revenus et les dépenses nécessitent une planification constante et attentive. Voici quelques liens sur le thème:

  • Budget - les fiches conseilwww.frc.ch/...: Une aide pour planifier votre budget en faisant face à toute une séries de questions quotidiennes telles que l’argent de poche pour les enfants, le salaire d’un apprenti ou l’argent d’un ménage (Fédération romande des consommateurs, 2011)
  • Calcul du budget familial en lignewww.parent.ch/...: Ce lien permet de calculer de manière précise et complète un budget familial, en séparant le revenu, les dépenses fixes ainsi que les dépenses variables (www.parent.ch, 2010)
  • Aide-mémoire «Mon budget personnalisé»www.contakt-net.ch/...: Pour ne pas «manquer d’argent à la fin du mois», ce lien propose d’établir son propre budget personnalisé en planifiant mieux ses finances afin d’éviter de s’endetter tout en se permettant quelques gros achats (conTAKT-net.ch, MIGROS Kulturprozent, 2007)

Par ailleurs, le moyen d’enseignement «Budgetwww.iconomix.ch/...» dans la rubrique «À la carte» permet d’élaborer un budget d’un ménage type et apprend à le planifier sur 12 mois à l’aide du «jeu des enveloppes». Ce moyen d’enseignement vise à ce que les participants maîtrisent les notions de revenu et de dépense.

Pour l'équipe d'iconomix
Alexandre Mondoux

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Lundi, 05 septembre 2011,
14:38

Combien gagne un salarié suisse?

Alors que la polémique sur les salaires des frontaliers – que certains voudraient payer en euros – fait rage, il est intéressant de se demander combien gagne un salarié en Suisse. L’Office fédéral de la statistique calcule régulièrement le niveau des salaires. L’étude la plus récente porte sur les données de 2008 et arrive aux résultats suivantswww.portal-stat.admin.ch/.... Ils devraient intéresser tous les étudiants prêts à se lancer dans le monde du travail.

1) Le salaire mensuel brut moyen
Un employé en Suisse gagne, en moyenne, un salaire mensuel brut de 5823 francs. Globalement, en Suisse, trois quarts des salaires sont compris entre 3000 et 8000 francs, que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public. En outre, les activités de services, qui occupent environ les trois quarts des personnes salariées en Suisse, sont mieux rémunérées que les activités de production (6070 francs en moyenne contre 5515 francs).

2) Les domaines d’activité qui paient le mieux
Sans surprise, les consultants en stratégie sont les mieux payés (l’Office fédéral de la statistique nomme leur activité «définition des buts et de la stratégie de l’entreprise») avec un salaire mensuel brut moyen de 11’443 francs. Suit l’expertise, le conseil et la vente (8656 francs), puis l’analyse et la programmation (8603 francs) puis la recherche et le développement (8563 francs), puis l’achat et la vente de produit d’équipement (7556 francs), puis la comptabilité et la gestion du personnel (7308 francs).

3) Les domaines d’activité qui paient le moins
Tout au bas des domaines d’activité les moins rémunérateurs, on trouve les «soins corporels, nettoyage des vêtements» (avec un salaire mensuel brut moyen de 3615 francs). Suivent les activités d’hôtellerie et de restauration (4078 francs), puis le nettoyage et l’hygiène publique (4222 francs). Puis la vente de biens de consommations et la vente au détail (4483 francs).

4) Les secteurs qui paient le mieux
Sans surprise encore, quand on parle de secteur d’activité, c’est la finance qui paie, en moyenne, le mieux, en Suisse. Avec 9127 francs, «l’intermédiation financière» est en tête. Suivent les «services auxiliaires aux activités financières et aux assurances» (8750 francs), puis la branche «administration publique, défense nationale et sécurité sociale» (8327 francs) et la «recherche et développement» (8061 francs). Dans le domaine industriel, les salaires sont les plus importants dans le secteur «industrie chimique» (7774 francs). Puis suivent les «assurances» (7768 francs) et «l’industrie du tabac» (7730 francs).

5) Les secteurs qui paient le moins
Au fond du classement, on trouve les «services personnels» où le salaire brut mensuel moyen n’est que de 3683 francs. Dans la branche «hôtellerie et restauration», les salaires moyens sont à peine meilleurs (4000 francs). Suit la branche «industrie du cuir et de la chaussure» (4259 francs) puis «l’horticulture» (4286 francs).

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Lundi, 11 juillet 2011,
10:38

La croissance chinoise vue de l’intérieur

He Yafei est ambassadeur, représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies à Genève. Un poste stratégique, confié uniquement des hommes politiques de gros calibre. Récemment, lors d’une discussion organisée à Genève, il a expliqué, au-delà des chiffres et des statistiques, ce que voulait dire être Chinois aujourd’hui et pourquoi la croissance économique était aussi importante pour ce pays.

Il raconte d’abord que, dans sa jeunesse, sa maison n’avait pas d’eau courante ni d’électricité. Il devait aller chercher tous les jours de l’eau à un puits, à quelques centaines de mètres et n’avais pas de radio ni de télévision. En une génération, quels changements, explique-t-il! D’ailleurs, sa fille, qui étudie dans une business school aux Etats-Unis, a de la peine à le croire, assure-t-il, quand il lui parle de sa jeunesse.

En chiffre, il explique que dans sa jeunesse, le PIB chinois par habitant était de 343 yuans, et qu’il est aujourd’hui de 19'000 yuans! Qu’en 1949, l’espérance de vie était de 35 ans et qu’elle est actuellement de 73 ans.

Malgré ces améliorations, He Yafei ne cache pas qu’il reste encore 150 millions de pauvres en Chine (il reprend la définition de la Banque mondiale et considère comme pauvre un ménage dont le revenu est inférieur à 2 dollars par jour)

Cette croissance a aussi des conséquences concrètes pour le pays, que le gouvernement doit gérer. Trois exemples: 1) Chaque année, les villes chinoises accueillent 13 millions d’habitants supplémentaires. Presque deux Suisses! 2) Chaque année, les universités chinoises produisent 7 millions de diplômés. 3) Chaque année encore, les entreprises doivent créer 24 millions de places de travail pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.

Des chiffres qui expliquent que, pour la Chine, les objectifs économiques sont, dans l’ordre d’importance, 1) créer des emplois, pour éviter que des millions de gens se retrouvent au chômage, ce qui serait source de désordres publics dangereux, 2) augmenter le niveau de vie de sa population, pour qu’il n’y ait pas (trop) de tensions entre les différentes régions du pays et les différentes classes sociales et 3) développer une croissance durable, respectueuse de l’écologie et des ressources.

«Les défis sont énormes, et vous comprenez pourquoi la Chine ne peut pas se permettre de ralentir sa croissance économique» a conclu l’ambassadeur.

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Lundi, 04 juillet 2011,
09:21

Où va l’économie mondiale? Les réflexions d’un expert

Martin Wolf est un des plus grands commentateurs économiques actuel. Ses billets, toutes les semaines dans le Financial Times font référence. Il était invité à Genève il y a quelques jours.

Il a d’abord expliqué que la phase de transition assez abrupte que nous vivons n’est, après tout, analysé à l’échelle de l’histoire humaine, qu’un retour à la normale. «L’inattendue domination de l’Occident sur le monde, n’aura en fin de compte duré que 150 ans» résume l’économiste. Une domination qui est en train de disparaître, voire qui a déjà disparu.

Pour étayer cette thèse, Martin Wolf remarque simplement que depuis une décennie, les économies des pays émergents croissent trois fois plus vite que celle des pays développés. «Malgré cela, selon nos critères, ces pays restent pauvre. Malgré la phénoménale croissance économique affichée par la Chine, le PIB par habitantfr.wikipedia.org/... n’est encore que 20% de celui des Etats-Unis. Et l’Inde, plus pauvre, n’est qu’à 10%.»

Quoi qu’il en soit, cette croissance des pays émergents n’est pas sans conséquence pour l’économie mondiale: «elle génère une très forte pression sur le prix des matières premières, qui ont doublé, voire triplé ces dix dernières années, et, par conséquent, une inflation globale». Une tendance qui va continuer. Selon Martin Wolf, le prix des matières premières va encore doubler ces 30 prochaines années.

Au final, Martin Wolf est assez pessimiste. La Chine est aujourd’hui, indubitablement, le plus gros moteur de l’économie mondiale. Mais il est convaincu que ce moteur est sur le point de se gripper. En effet, la croissance de l’économie chinoise est essentiellement générée par des investissements, non pas par de la consommation interne. «Sur le long terme, ce n’est pas tenable» assure Martin Wolf. Et quand ça ne sera vraiment plus tenable, les investissements vont s’effondrer… et la croissance du PIB chinois aussi. «Personne ne peut dire quand cela va arriver, mais le risque existe et il est très important pour l’économie mondiale» a conclu Martin Wolf. Voilà qui donne un peu froid dans le dos.

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