Sous-navigation
Actuellement les articles sont filtrés par: Marché et commerce
Réinitialiser ce filtre pour voir tous les articles.
Quand la Chine commerçait déjà avec l‘ouest
L’histoire économique revient d’actualité sur le journal «Le Monde» d’après l’article Zheng He, l’«amiral des mers de l’Ouest» [1]. Zheng He, né d’une famille musulmane chinoise, est considéré comme l’un des plus grands explorateurs maritimes de son temps. Il était eunuque, c’est-à-dire castré comme le voulait la coutume chinoise pour les fils de prisonniers de guerre, et serviteur de l’empereur.
Au début du XV siècle, durant la dynastie des Ming, l’amiral Zheng He quitta la Chine continentale pour explorer les territoires de l’ouest jusqu’aux côtes arabes et africaines en passant par l’actuelle Thaïlande et l’Inde. Depuis cette première expédition en 1405, s’en suivirent 6 autres jusqu’à la mort de l’amiral en 1433.
Ces expéditions marquèrent une ouverture économique et commerciale importante de la Chine. Les produits d’exportation chinois, chargés sur les navires, était principalement des soieries, des porcelaines et des produits laquées. Ceux-ci était échangés contre des épices, des pierres précieuses et des animaux, comme par exemple des girafes africaines.
Les explorations de l’amiral n’avait pas pour but de coloniser les nouveaux territoires découverts mais plutôt celui de tirer profit du commerce avec ces derniers. Généralement ces nouvelles voies eurent un effet positif sur le développement commercial maritime de l’Asie tout en stimulant également la croissance économique interne chinoise.
Après la mort de Zheng He en 1433, les empereurs chinois plus occupés avec les guerres dans le nord du pays et pour des raisons culturelles, politiques et religieuses, provoquèrent un repli de la Chine sur elle-même ainsi qu’une isolation commerciale quasiment imposée, pendant des siècles.
Voici quelques liens supplémentaires sur ce thème d’histoire économique:
Les Expéditions Ming de l'Amiral Zheng Hewww.chine-informations.com/..., explication détaillée avec les dates plus importantes des expéditions de Zheng He (Chine informations, 2011)
Les vaisseaux de Zheng Heasia-canada.ca/..., reconstitution de la flotte de l’amiral en comparaison avec celle utilisée par Christophe Colomb (Asie-Canada, 2011)
Zheng He a parcouru le mondefrench.china.org.cn/..., bilan économique et commercial des expéditions de Zheng He (France-Chine, 13 juillet 2005)
L'armada oubliée de la Chine impérialewww.dailymotion.com/..., documentaire vidéo en 3 parties sur les expéditions maritimes de Zheng He (Arte Découverte, dailymotion, 14 juillet 2009)
Pour l’équipe d’iconomix
Alexandre Mondoux
[1] L’article est téléchargeable sous le
lien suivantwww.lemonde.fr/....
La dégradation de la dette américaine a coûté 3000 milliards de francs à l’économie mondiale
Impossible de ne pas l’avoir entendu, tant les médias en ont parlé ces derniers jours: vendredi soir 5 août, une importante
agence de notation financièrewww.abcbourse.com/... a
dégradé la note de la dette souveraine américainetempsreel.nouvelobs.com/.... En clair, les Etats-Unis sont passés du statut de débiteur «extrêmement solide»
(AAA)www.standardandpoors.com/... à celui de «toujours très solide mais doit faire attention»
(AA+)www.standardandpoors.com/....
À cette annonce, faite comme il se doit après la fermeture des bourses, tous les commentateurs s’attendaient à des marchés financiers tempétueux, le lundi 8 août, lors de la réouverture desdites bourses. Ce fut effectivement le cas, avec des plongeons spectaculaires, comme celui de Wall Street, où
l’indice Dow Joneswww.google.com/... a perdu plus de 5,5%.
Certes, dès le lendemain, les investisseurs ont retrouvé leur sang-froid et les bourses le chemin de la hausse. Reste que la séance de lundi est très illustrative de l’importance économique des Etats-Unis. Il suffit qu’une agence de notation financière lance un avertissement somme toute sans frais et limité à un seul pays pour que toute l’économie mondiale tremble.
Pour preuve, la dégradation de la dette souveraine américaine a coûté une fortune à cette économie mondiale. Faisons le calcul: lundi 8 août, les marchés dans leur ensemble
ont perdu près de 6%www.bloomberg.com/... (si l’on en croit
l’indice boursier MSCI Mondewww.comparabourse.fr/..., qui reflète le mieux la performance globale des bourses mondiales). Etant donné que la capitalisation boursière mondiale équivaut à
environ 50'000 milliards de francswww.world-exchanges.org/... (selon les statistiques de la Fédération mondiale des Bourses), la perte enregistrée lundi 8 août par les marchés avoisine les 3000 milliards de francs! Soit plus de la moitié de la valeur de toutes les entreprises suisses dans leur ensemble (
voir la notice du 4 févrierwww.iconomix.ch/...)! C’est énorme ! 3000 milliards de francs, voilà donc le coût réel de la dégradation de la note de la dette américaine.
Les conséquences concrètes de la baisse de l’euro pour une entreprise romande
Les médias ne parlent plus que du renforcement du franc suisse par rapport à l’euro et au dollar nord-américain. Nous n’allons pas ici revenir sur les causes de ce phénomène. Sachez seulement qu’il s’explique, en gros, par deux raisons principales: la bonne santé des finances publiques suisses, par rapport à celle de nos voisins, et le traditionnel rôle de valeur refuge du franc quand les investisseurs sont inquiets des perspectives boursières.
Par contre, il est intéressant d’observer l’impact concret de ce renforcement du franc sur les entreprises. Prenons l’exemple de
Tornosfr.wikipedia.org/..., à Moutier.
Tornos est une importante entreprise de machines-outils, établie depuis plus d’un siècle dans le Jura. Une entreprise qui vend des machines coûtant souvent plusieurs millions, essentiellement à l’exportation. Elle est donc très sensible au cours de change du franc. C’est logique, si le franc suisse
se renchérit de plus de 20%www.cash.ch/... face à l’euro, comme cela a été le cas ces douze derniers mois, pour un acheteur situé par exemple en Allemagne, cela signifie qu’une machine Tornos coûte aujourd’hui, en euros, 20% plus cher qu’il y a un an. Autrement dit, les offres des constructeurs concurrents étrangers deviennent plus intéressantes… et Tornos perd des commandes.
On saura lors de la publication des résultats semestriels du groupe quel a été exactement l’impact du renforcement du franc sur ses affaires. Mais dès aujourd’hui, on peut supposer qu’il a été important. En effet,
l’action de l’entreprisewww.cash.ch/... a perdu près de la moitié de sa valeur ces quatre dernières semaines, ce qui signifie bien que les investisseurs anticipent de très mauvaises nouvelles. De plus,
Tornos a annoncéwww.journaldujura.ch/... début août qu’elle se séparait avec effet immédiat de son directeur général, aux commandes depuis à peine sept mois. Une telle décision n’est jamais un bon signe, malgré les déclarations apaisantes de l’entreprise. Voilà qui ne va pas rassurer les investisseurs. D’autant que, au moment où nous écrivons ces lignes, le franc suisse continue de se renforcer par rapport au dollar et à l’euro…
Combien les ménages devront-ils payer pour la Grèce?
Le débat sur la dette grecque fait rage, et les partisans d’une restructuration sont de plus en plus nombreux. Mais quelles seraient les conséquences concrètes d’un défaut de remboursement grec, défaut qui paraît de plus en plus inévitable? Et quels coûts devraient supporter les citoyens?
Un groupe d’économiste vient de faire
le calculwww.openeurope.org.uk/.... Avec des résultats qui donnent froid dans le dos: chaque ménage de la zone euro devrait payer à peu près 700 francs pour rembourser
la dette grecquefr.wikipedia.org/... si des mesures sont prises immédiatement, un peu plus de 1800 francs si l’on attend 2014 !
Comment s’est fait ce calcul?
1. Actuellement, les pays membres de la zone euro ont amassé pour près de 400 milliards de francs de dette grecque, via les banques, les plans de relance étatiques ou ceux de la Banque centrale européenne (BCE).
2. Cette dette est détenue en partie par le secteur privé étranger (environ 170 milliards de francs), en partie par le secteur privé grec (environ 130 milliards). Le reste est détenu par le secteur public des pays de
la zone eurofr.wikipedia.org/..., que ce soit la BCE, les États membres ou le Fonds Monétaire International (environ 100 milliards)
3. L’argent provenant du secteur public est, en fin de compte, financé par les citoyens via leurs impôts. Dès lors, le calcul est vite fait. On estime qu’il y a 140 millions de ménages dans la zone euro, ce qui donne une «dette grecque moyenne» d’environ 700 francs par ménage (100 milliards de dette divisés par 140 millions de ménages).
4. C’est beaucoup, mais ce n’est pas tout. La dette grecque est en train d’augmenter rapidement. Selon les prévisions des économistes, elle devrait atteindre 500 milliards de francs en 2014, une augmentation essentiellement supportée par les finances publiques des pays de la zone euro, puisque les privés ne veulent plus investir dans cette dette, jugée trop risquée. Avec comme conséquence une augmentation de la «dette grecque moyenne» à plus de 1800 francs par ménage européen dans trois ans, selon les calculs des économistes précités.
La conclusion est simple, comme l’explique le journaliste français Cyrille Lachèvre: «sauf miracle, nous ne pourrons éviter un défaut grec et personne n'en sortira indemne. Plus vite on l'admettra plus nous pourrons espérer limiter la casse et l'ampleur du désastre.»
Et le monde en 2050, comment sera-t-il?
Pour faire suite au post précédent, la banque HSBC a publié il y a quelques semaines un passionnant
rapport sur le monde en 2050www.research.hsbc.com/...: dans quarante ans, quels seront les pays qui domineront l’économie mondiale?
Une partie des résultats est sans surprise. Les Etats-Unis vont rester une puissance mondiale dominante, mais ils auront été (de justesse) dépassés par la Chine. L’Inde sera, elle, devenu le pays le plus peuplé du monde (1,6 milliards d’habitants) mais aussi la troisième puissance économique.
Plus inattendue est l’apparition de pays dont on parle peu aujourd’hui, comme la Turquie, dont l’économie sera aussi grosse que celle de l’Italie, la Colombie, le Venezuela ou l’Egypte. Cette dernière, si l’on en croit les économistes de HSBC, sera la 19ème puissance mondiale dans quarante ans.
L’Egypte, vraiment? Pourtant ce pays connaît une révolution dont on ne peut encore prévoir les conséquences à long terme. «Evidemment, il y a des inconnues que l’on ne peut pas prendre en compte dans ce genre d’étude, comme les révolutions politiques, explique Alexandre Zeller, responsable d’HSBC en Suisse. Mais, sur le long terme, oui, nous pensons que l’Egypte sera une grande puissance économique en 2050.»
Et le banquier ajoute: «Je pourrais résumer les conclusions de cette étude en deux points importants. Premièrement, la croissance du PIB dans les pays émergents va être le double de celle des économies développées ces 40 prochaines années. Deuxièmement, en 2050, 19 pays actuellement émergents seront parmi les 30 plus grandes puissances économiques du monde. Avec des bonds importants pour des pays comme la Malaisie, la Colombie ou l’Egypte.» Nous voilà avertis.
Et la Suisse dans tout ça? Notre pays va y laisser quelques plumes et perdre 7 rangs dans le classement des grandes puissances, passant de la 20ème à la 27ème place. Par contre le revenu moyen de ses habitants va plus que doubler ces quatre prochaines décennies (en monnaie constante). Ce qui fera des Suisse les plus riches habitants de la planète. Et de loin, alors qu’aujourd’hui, nous sommes juste derrière les Japonais et juste devant les Américains. Voilà de quoi nous réjouir!
L’économie mondiale en 2025
«Multipolarité: la nouvelle économie mondiale»: tel est le titre d’un
rapportweb.worldbank.org/..., récemment publié par la Banque mondiale, cherchant à comprendre l’évolution globale de l’économie dans les quinze ans à venir.
Le rapport constate que la tendance des dernières années se poursuivra: l’importance des pays émergents continuera de croître par rapport à celle des pays industrialisés. Selon les prédictions de la Banque mondiale, les pays émergents auront franchi la marque de 40% du PIB mondial en 2025. Environ dans vingt ans, ils auront donc dépassé les pays industrialisés comme producteurs de biens et services au niveau mondial.
Plusieurs forces économiques sont à la base de cette tendance. Par exemple, l’innovation technologique et l’accumulation de capital humain seront particulièrement prononcées dans les pays émergents. Mais aussi leur intégration croissante dans l’économie mondiale – c’est-à-dire la progression des investissements internationaux et l’amélioration de l’accès aux marchés financiers – aidera les pays émergents à atteindre une croissance élevée.
L’évolution économique au niveau de la production réelle semble donc assez certaine. Par contre, les caractéristiques du système financier à venir sont beaucoup moins claires. Aujourd’hui, le monde se trouve plus ou moins dans un système unipolaire, le dollar américain étant la monnaie de réserve la plus importante et la banque centrale des Etats-Unis jouant de fait le rôle de banque centrale du monde.
Selon la Banque mondiale, le dollar a pu fonctionner comme monnaie de réserve durant le 20e siècle pour trois raisons: l’importance de l’économie américaine par rapport à l’économie mondiale (1), la valeur stable du dollar américain (2) et les marchés financiers ouverts et larges des Etats-Unis (3).
Au 21e siècle, les Etats-Unis ne seront plus la seule zone économique à remplir ces conditions. En termes de production économique, l’Europe et la Chine pourront bientôt être considérés comme équivalents aux Etats-Unis. La Banque centrale européenne est reconnue pour son aversion à l’inflation, et la banque centrale chinoise est elle aussi à la hauteur de sa tâche – bien qu’actuellement les prix de biens élémentaires en Chine montent assez rapidement en raison de la forte croissance économique.
Ce sera donc la troisième condition qui déterminera l’apparition du système monétaire à venir. La zone euro possède déjà aujourd’hui un marché financier large et ouvert, mais le système de gouvernance économique n’est pas encore accompli, comme le montre la crise actuelle de la dette en Grèce et ailleurs. Pour que l’euro devienne une vraie monnaie de réserve mondiale, il faudra que les emprunts d’Etat des pays européens deviennent des investissements absolument fiables. Pour sa part, la Chine possède actuellement un marché financier relativement petit et isolé du monde extérieur.
Il est donc probable que le dollar américain restera la monnaie principale pour quelques années – mais, aux yeux de la Banque mondiale, pas pour le reste du siècle.
La bourse se fiche de Ben Laden
C'est, a priori, assez étonnant. Après la mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, on aurait pu s’attendre a une envolée des marchés boursiers. Ce ne fut pas le cas.
Certes, quelques heures après l’annonce du Président Barack Obama, tous les marchés avaient ouvert à la hausse, mais au fur et a mesure de la journée, cette hausse a disparu. En fin de séance, la bourse suisse affichait même une baisse de 0,1%, alors que les principaux marchés européens et la bourse américaine terminaient quasi au même niveau que lors de la séance du vendredi, celle qui avait précédé la mort du terroriste.
Comment l'expliquer? Simplement par le fait, confirmé par plusieurs commentateurs politiques, qu'
Oussama Ben Ladenfr.wikipedia.org/... n'était plus, depuis quelques années déjà, qu'un épouvantail. Il ne faisait plus peur ni aux marchés financiers, ni aux investisseurs.Quel changement depuis
les attentats du 11 septembre 2001fr.wikipedia.org/..., qui avaient fait chuter les marchés des actions
de 14% aux Etats-Unisen.wikipedia.org/... (en une semaine)!
Reste qu’en dix ans, Oussama ben Laden aura eu un véritable impact sur l’économie mondiale: en effet, selon les estimations du quotidien financier le Financial Times, le terroriste aura coûté près de 2000 milliards de francs, rien qu’aux contribuables américains! Les dépenses générées par la guerre en Irak, sont estimées à 800 milliards de francs et celles de la guerre en Afghanistan à 400 milliards de francs. Quant aux coûts directs induits par toutes les nouvelles contraintes de sécurité qui ont suivi les attentats du 11 Septembre, ils sont estimés à presque 700 milliards de francs (sans compter les coûts des avions en retard, des délais d’attente dans les aéroports, etc.).
Au final, si Oussama Ben Laden n’a pas réussi à terrasser les grands pays capitalistes chrétiens comme il en avait l’intention, il aura néanmoins eu un impact sur leurs économies. Tout cela pour un «investissement» estimé
à moins de 500'000 francs suisseswww.9-11commission.gov/... par les autorités américaines. En effet, monter les attentats du 11 septembre n’a pas coûté plus cher!
Les effets inattendus du tremblement de terre japonais
Le dramatique
tremblement de terrefr.wikipedia.org/... qui a secoué le Japon est un bon exemple de la manière dont réagissent les marchés à des événements inattendus.
Une réaction qui peut se décomposer, pour faire très, très simple, en cinq points principaux
1. Globalement, la catastrophe a causé des dégâts matériels que l’on estime entre 40 et 100 milliards de francs. Est-ce beaucoup? En chiffres absolus, oui, mais cela ne représente, au pire, qu’environ 2% du PIB du pays. Pas de quoi faire s’effondrer l’économie japonaise.
D’ailleurs,
le séismefr.wikipedia.org/... qui avait secoué Kobé en 1995, avait été beaucoup plus destructeur. Les dégâts matériels ont été estimés à 130 milliards de francs. Pourtant, l’économie nippone avait bien résisté.
Reste que, comme à chaque mauvaise nouvelle, les investisseurs se montrent très prudents. Ils envisagent toujours le pire (dans ce cas, l’explosion d’une centrale nucléaire, qui entraînerait l’évacuation de Tokyo et la paralysie de toute l’économie du pays). Conséquence, mardi, l’indice principal de
la Bourse de Tokyowww.cash.ch/... avait perdu près de 19% depuis l’annonce du séisme. Soit l’équivalent de 700 milliards de francs! Beaucoup plus que l’estimation la plus haute des dégâts causés par le tremblement de terre!
2. L’inquiétude des investisseurs ne se limite pas au Japon. N’oublions pas que ce pays est la troisième économie mondiale. S’il a des ennuis, cela aura immanquablement des conséquences (baisse de commandes des entreprises nippones, baisse des achats des consommateurs locaux, etc.) sur toutes les autres grandes économies. Ce qui explique la forte baisse de l’indice principal de la Bourse suisse, par exemple:
une pertewww.cash.ch/... de près de 5% à l’heure où j’écris ces lignes (mardi après-midi).
3. Mais cette catastrophe a d’autres conséquences, moins évidentes au premier abord. Prenons les inquiétudes autour d’un possible accident nucléaire. Qu’il survienne ou pas, le mal est de toute manière fait dans l’opinion publique. Il faudra probablement des années avant que les électeurs acceptent la construction de nouvelles centrales. Logiquement, dès lors, les actions des entreprises du secteur se sont effondrées. Un seul exemple, mardi, le géant français
Arevafr.wikipedia.org/..., numéro un mondial du nucléaire, avait perdu
plus de 20% en boursewww.cash.ch/...
4. Si plus personne ne veut du nucléaire, il faudra bien trouver ailleurs de nouvelles sources d’énergie. Regardons ce qu’en disent les marchés. Bingo! Les actions des entreprises actives dans l’énergie solaire ou éolienne connaissent une forte hausse depuis deux jours. Un seul exemple, l’action de l’entreprise allemande
Conergyde.wikipedia.org/..., spécialiste du solaire, a plus que
doublé de valeur en boursewww.cash.ch/... depuis l’annonce du séisme!
5. Les conséquences de cette catastrophe peuvent être encore plus inattendues. Le tremblement de terre a eu un effet direct sur des entreprises suisses comme Richemont, un des géants mondiaux du luxe:
son actionwww.cash.ch/... a perdu près de 10%. C’est que les Japonais sont de très gros acheteurs de montres, de bijoux et de sacs à main de prix!
En conclusion, les bourses, comme le veut la théorie financière, réagissent immédiatement aux mauvaises nouvelles. Ces réactions, par effet de ricochet, ne touchent pas que le produit, l’entreprise, le secteur ou le pays directement concerné par la mauvaise nouvelle, mais aussi tous ceux qui peuvent être indirectement impactés. La globalisation n’est pas qu’un concept vide de sens. Dans le monde où nous vivons, tout est effectivement interconnecté. La preuve.
Comment l’Espagne dope la Bourse suisse
Il y a quelques jours, l’indice principal de la Bourse suisse a joué aux montagnes russes. Vendredi 7 janvier et lundi 10, il perdait 1,4%. Puis mardi 11 et mercredi 12, il regagnait 2,6%! Comment l’expliquer?
Un indice boursier n’est que le reflet des variations de cours des actions qui le composent. Ces actions gagnent ou perdent de la valeur selon que les investisseurs estiment de manière positive ou négative les perspectives de l’entreprise qui les a émises. Une bonne nouvelle, et le cours de l’action grimpe, une mauvaise, il baisse. En théorie, c’est assez simple (en théorie seulement, pour en savoir un peu plus sur ce qui fait bouger le cours d’une action, allez
iciwww.six-swiss-exchange.com/...).
Durant les séances boursières aux dates mentionnées ci-dessus, grosso modo toutes les actions qui composent l’indice ont suivi le même mouvement, à la hausse ou à la baisse. Ce qui voudrait dire que toutes les entreprises, en même temps, ont annoncé de mauvaises nouvelles (vendredi et lundi), puis de bonnes (mardi et mercredi). Ce n’est bien évidemment pas le cas.
Il faut donc rechercher les causes de cette volatilité ailleurs. Un indice: durant ces séances agitées, la plupart des grands marchés européens ont affiché un comportement identique à celui de la Bourse suisse. Ce qui prouve que le phénomène n’est pas lié à la santé des entreprises helvétiques, qu’il faut en chercher la source ailleurs.
L’explication se trouve en Espagne.
On sait que la crise économique a rendu certains pays européens assez fragiles. La Grèce et l’Irlande ont dû être renflouées par l’Union européenne. Les investisseurs craignent que ce soit bientôt au tour du Portugal et de l’Espagne. Mais comment connaître la santé économique d’un pays? Sur le long terme, il existe plusieurs indicateurs (taux de chômage, PIB, etc. On en trouve une bonne liste
iciwww.cambiste.info/...). Mais aucun de ces indicateurs n’a été publié ces derniers jours pour l’Espagne.
Il faut donc pousser notre enquête un peu plus loin. L’Espagne a des dettes, qu’elle doit financer. Pour cela, elle a émis des bons du Trésor. Une telle émission est un excellent indicateur de ce que pensent les investisseurs des perspectives d’une économie (le même principe s’applique aux obligations émises par une entreprise). S’ils refusent d’investir, c’est qu’ils sont pessimistes, ils pensent qu’ils ne vont pas récupérer leur argent. Et logiquement, s’ils se précipitent pour acheter des obligations, c’est qu’ils sont optimistes.
C’est ce qui s’est passé avec les bons du Trésor espagnols.
La demande a été fortewww.lesechos.fr/..., nettement plus importante même que le nombre de bons mis sur le marché. Un succès, donc. La Bourse espagnole ne s’y est d’ailleurs pas trompée, puisqu’elle a enregistré une hausse de presque 10% la semaine dernière!
Cette confiance des investisseurs explique aussi le comportement de la Bourse suisse. En effet, toutes les économies européennes sont connectées. C’est un peu comme les dominos: une crise en Espagne va entraîner des problèmes dans d’autres pays européens, ce qui aura, par ricochet, des conséquences néfastes sur la santé des entreprises suisses. Bien évidemment, une Espagne qui sort de la crise aura les effets inverses.
Finalement, à la suite de la vente des bons du Trésor espagnols, tout était au rendez-vous pour satisfaire les marchés. Dans l’ordre croissant d’importance: 1) des investisseurs nombreux, 2) des investisseurs confiants dans la bonne santé à long terme de l’économie espagnole et, surtout, 3) une nouvelle indication selon laquelle le pire de la crise non seulement espagnole mais européenne pourrait être passé.
Trois bonnes nouvelles d’un coup qui ont eu une conséquence prévisible sur les marchés européens et par ricochet sur la Bourse suisse. Trois bonnes nouvelles qui prouvent une fois de plus que, dans l’économie actuelle, tout est connecté. On connaît le dicton: un battement d’ailes de papillon à Hong Kong va provoquer une tornade au Texas. Eh bien, en bourse aussi: l’optimisme des investisseurs au sujet de l’Espagne fait grimper la Bourse suisse!
La stratégie gagnante face aux pressions des changes
Le dollar est tombé sous la barre du franc suisse. L'euro est aussi à la peine face au franc suisse. Plus que jamais, la valeur des monnaies est un objet de discussion dans le public et les médias. Certains gouvernements accusent même leurs partenaires de lancer une «guerre des monnaies». Mais quelle a été la réaction des différents pays pendant la crise face aux pressions du marché des changes?
La pression des changes peut être mesurée, ainsi que le montre l'étude de deux économistes*. La pression monétaire est ici définie comme l'addition de la baisse d'une monnaie et de la réduction des réserves monétaires.
Au plus fort de la crise financière (août 2008 à février 2009), la pression monétaire a été extrêmement différente selon les pays. Elle a été considérable et mesurée à 97% pour la Zambie, 89% pour la Russie ou 66% pour la Grèce. Les pourcentages les plus élevés ont été enregistrés en Europe centrale et en Asie centrale.
En Suisse, la pression des changes a été plus faible que la moyenne: 17%. Elle a toutefois été négative – signifiant une augmentation des réserves ou une appréciation de la monnaie – en Arabie Saoudite, en Chine et au Liban. 85% des 92 pays étudiés ont toutefois connu une pression positive. La moyenne a été de 31%. Mais elle a été plus faible dans les pays pauvres (21% en Afrique) parce que leur système bancaire est moins dépendant du système financier international.
Face à ces pressions, les deux économistes ont analysé le choix des pays entre une absorption du choc monétaire par la dépréciation de la monnaie ou par la baisse des réserves de devises internationales. Ils ont également cherché à définir les raisons pour lesquelles certains pays étaient davantage soumis à ces pressions que les autres. Différents indicateurs économiques et financiers ont ainsi été passés en revue.
Les conclusions sont claires: les principales victimes ont été les pays émergents les mieux intégrés au système financier international et ceux qui dans le monde présentaient un fort ratio entre la dette étrangère et le PIB. Par ailleurs, les pays à forte exposition du bilan (part des engagements financiers étrangers à court terme par rapport aux réserves de changes) ont répondu par une baisse de la monnaie plutôt que par une diminution des réserves.
Plusieurs pays émergents ont été critiqués pour avoir exagérément accru leurs réserves de changes ces dernières années. Mais pendant la crise, les pays émergents ont répondu par une dépréciation de leur monnaie plutôt que par une diminution des réserves. Les auteurs l'expliquent par le fait que les réserves étaient insuffisantes pour couvrir tous les engagements envers l'étranger. Deux raisons expliquent ce comportement: s'ils avaient réagi par une diminution des réserves, un effet d'entraînement aurait pu se produire sur le reste de leurs réserves. De plus, en période de pression sur la croissance et la demande, ces pays ont privilégié une stratégie qui augmente la compétitivité de leur industrie d'exportation. Ils ont davantage craint pour leurs réserves que pour la valeur de leur monnaie.
Pour les auteurs de l'étude, un tel comportement peut sembler logique pour de petites économies, mais il ne résout pas un problème caractérisé par une faible demande globale.
* AIZENMAN J. & HUTCHINSON M. (2010),
International Financial Markets and Transmission of the Crises: Determinants of Exchange Market Pressure and Absorption by International Reserveswww.ssc.wisc.edu/... , University of California, Conference on Global Economic Crisis.
Derniers articles
Derniers commentaires
- Journaliste
- 17.01.2012 15:23
- Monsieur
- 12.01.2012 08:46
- Ce raisonnement ne répond...
- 24.11.2009 09:00
- Très bon choix d'inclure une vidéo pour faire la...
- 22.08.2009 11:39
Thèmes
- Actualité (43)
- Argent, monnaie et finance (86)
- Connaissances financières de base (19)
- Critiques et comptes rendus (3)
- Développement, croissance et environnement (41)
- Economie comportementale (8)
- Emploi, revenus et conjoncture (35)
- Etat et société (26)
- Les hommes et l’économie (16)
- Marché et commerce (22)
- Sport et économie (7)
Archives
Blogs apparentés
- Batz.ch (CH)
- Becker-Posner Blog (USA)
- Chicago Fed - Marginal Thoughts (USA)
- Die Welt - ökonomisch gesehen (CH)
- Econoclaste (FR)
- Fazit von F.A.Z. (DE)
- Financial Times – The Economists’ Forum (UK)
- Freakonomics (USA)
- FTD - Wirtschaftswunder (DE)
- Gregory Mankiw (USA)
- Handelsblatt - Blogportal (DE)
- L'Antisophiste (FR)
- Le blog de Marian Stepczynski (CH)
- Mafeco (FR)
- Never mind the markets von Tagesanzeiger (CH)
- Ökonomenstimme (CH)
- Paul Krugman (USA)
- Project Syndicate (USA)
- Rationalité Limitée (FR)
- SF-Wirtschaftsblog (CH)
- Tim Schilling (USA)
- The sports economist (USA)
- The Undercover Economist (UK)
- The Visible Hand in Economics (NZ)
- TripleCrisis (USA)
- voxEU Blog (UK)
- Zeit Online – Herdentrieb (DE)



