iconomix

Banque National Suisse

Actuellement les articles sont filtrés par: Critiques et comptes rendus
Réinitialiser ce filtre pour voir tous les articles.

Vendredi, 09 décembre 2011,
10:27

La bible de l'économie comportementale

L'homo economicus a mauvaise réputation. Selon la théorie classique, ce serait un être rationnel, insensible à ses émotions, agissant en connaissances de toutes les informations disponibles et ne changeant jamais ses préférences. L'être humain est-il vraiment cet homo economicus. Le prix Nobel Daniel Kahnemanecopsycho.gretha.u-bordeaux4.fr/..., père de l'économie comportementale, fait une analyse complètement différente qu'il présente dans un ouvrage qui promet d'être une référence [1]. C'est en effet le premier livre de ce chercheur israélo-américain qui ne soit pas destiné à des spécialistes.

Le "roi de l'erreur humaine", pour reprendre l'image du magazine "Vanity Fair", estime que le système de pensée de l'homme l'amène à commettre quantité d'erreurs. Un exemple? Deux objets coûtent au total 1,10 franc. L'un coûte 1 franc de moins que l'autre. Que coûte ce dernier? A cette question, la moitié des étudiants de Harvard répondent 10 centimes. Ils répondent en se fiant à leur intuition, mais ils ont tort. S'ils se concentraient et réfléchissaient davantage, ils verraient qu'il s'agit de 5 centimes. La réponse immédiate vient du héros du livre de Kahnemann, l'agent "système 1".

Même s'il agit sans effort, le "système 1" a généralement raison et nous aide fréquemment à résoudre les problèmes de la vie quotidienne. Mais il est souvent mis en difficultés, soumis à ses impressions premières et ses sentiments. Il a alors besoin de l'agent "système 2", lequel agit en système de contrôle et en vertu de son effort d'attention. Les deux coopèrent pour le bienfait d'un homme qui apparaît plus raisonnable que rationnel.

Daniel Kahneman ne cherche pas à dénigrer l'intelligence humaine, mais il expose en détail et de façon très structurée les innombrables biais de notre intuition, de notre système de pensée et de nos choix.

Le livre de Daniel Kahneman distingue non seulement les systèmes 1 et 2 mais aussi entre deux "moi", celui de l'expérience et de la mémoire -ce dernier ignore la notion de durée et privilégie à la fois le moment le plus fort d'une expérience et le dernier instant- et entre l'économie classique et l'économie comportementale (behavioral economics).

Le livre est agrémenté d'innombrables jeux et de présentations d'expériences que l'auteur a réalisées avec son compère Amos Tversky. L'auteur déclare, dans l'introduction, ne chercher qu'à "enrichir le vocabulaire des gens lorsqu'ils parlent des jugements et des choix des autres". Mais il dépasse largement son objectif. Il présente l'essentiel de ses théories et décrypte dans le détail la façon de penser et d'effectuer des choix.

Il critique non seulement la théorie classique, mais aussi celle de l'école de Chicago et de Milton Friedman. Il plaide, dans sa conclusion, pour une approche paternaliste du rôle de l'Etat, afin d'aider l'individu dans ses choix. A son avis, il faut faire accepter une perte à court terme pour bénéficier d'un gain à long terme. Sans ce soutien, l'individu est susceptible de devoir supporter les coûts de ses erreurs, lui même ou la société. La crise financière, et la question de l'aléa moral, semblent appuyer ce jugement.

[1] Thinking fast and slow, Daniel Kahneman, Allen Lanewww.amazon.fr/..., 498 pages, 2011.

Voici quelques liens supplémentaires sur le sujet de l’économie comportementale:

Veuillez copier le permalink avec le bouton droite de votre souris.Rétrolien
Mercredi, 30 mars 2011,
08:44

La folle histoire de la pensée économique

L'histoire de la théorie économique peut se comprendre comme l'histoire des idées. Telle est l'approche adoptée par le professeur d'économie norvégien Agnar Sandmo dans un ouvrage paru ces derniers jours.[1] Un livre d'histoire qui se lit comme un roman et qui montre qu'il est possible de parler de théories économiques durant près de 500 pages sans formalisme mathématique et sans sombrer dans l'ennui.

D'Adam Smith au derniers prix Nobel en passant par John Maynard Keynes, tous les grands penseurs y trouvent leur place dans leur ordre chronologique. De la courbe de la demande en 1838, aux dernier articles sur l'information asymétrique, tout y est.L'auteur n'omet pas d'évoquer les grands débats de système apparus notamment dans l'entre-deux-guerres, entre l'école autrichienne chère à Friedrich Hayek et Ludwig von Mises et les défenseurs du socialisme de marché sous la bannnière d'Oskar Lange.

Les débats de l'histoire de l'économie et leur analyse dans un contexte actuel non seulement permettent de mieux comprendre le présent, mais aussi le changement permanent qui caractérise la science économique.

Les économistes sont rarement d'accord entre eux. Même la définition de l'objet de leurs recherches n'est pas unanime. Agnar Sandmo emploie celle de Lionel Robbins dans les années 1930, c'est-à-dire l'étude du comportement humain entre des objectifs donnés et des moyens rares, ainsi que celle d'Alfred Marshall, «l'étude de l'homme dans sa vie ordinaire». Mais l'école autrichienne par exemple rejette cette définition et préfère parler d'une analyse de l'action humaine plutôt que des décisions.

Malgré ses innombrables oppositions, la théorie a progressé, selon Sandmo, à travers aussi bien un approfondissement, c'est-à-dire un enrichissement de ses fondations, qu'un élargissement. Ce dernier s'effectue à travers la multiplication de domaines spécifiques, allant de l'économie de l'environnement à celle de la santé.  Mieux encore, elle se nourrit du savoir de la psychologie, de la philosophie et de la sociologie.

[1] Agnar Sandmo (2011): «Economics Evolving, a History of Economic Thoughtpress.princeton.edu/...», Princeton University Press.

 

Veuillez copier le permalink avec le bouton droite de votre souris.Rétrolien
Mardi, 04 mai 2010,
17:01

La bataille des économistes

Et si John Maynard Keynes (1883-1946) et Friedrich August von Hayek (1899-1992) débattaient aujourd’hui de politique conjoncturelle? Qu’est-ce que cela donnerait?

La réponse se trouve dans le clip «Fear the boom and the bustwww.econstories.tv/...»: Keynes et Hayek s’y affrontent dans un duel de rap en défendant leurs arguments à coups de vers et de rimes. Un clic sur l’image lance la vidéo.

Derrière ce projet se trouvent Russell Robertswww.hoover.org/...  (professeur d’économie à George Mason University et bloggeur sur EconTalkwww.econtalk.org  et au Café Hayekcafehayek.com) et le producteur John Papola (qui entretient quant à lui le blog But what the hell do I knowwww.butwhatthehelldoiknow.com).

Le clip vidéo le montre: la politique conjoncturelle est dans le vent – pour autant qu’elle soit accompagnée du bon rythme.

Pour l’équipe d’iconomix,
Jean-Marc Huguenin et Simon Schmid

Veuillez copier le permalink avec le bouton droite de votre souris.Rétrolien

Derniers commentaires

Journaliste
17.01.2012 15:23
Monsieur
12.01.2012 08:46
Ce raisonnement ne répond...
24.11.2009 09:00
Très bon choix d'inclure une vidéo pour faire la...
22.08.2009 11:39

Archives