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Jeudi, 24 juin 2010,
09:38

Côte d’Ivoire : investissements directs, effets incertains

Stable, cosmopolite et prospère: pendant longtemps, la Côte d’Ivoire a eu la réputation de l’économie modèle de l’Afrique de l’Ouest. L’ancien président Félix Houphouët-Boigny a mené un gouvernement autocrate ne tolérant pas d’opposition. La démocratie a été sacrifiée à l’ombre des gratte-ciel d’Abidjan et des plantations qui entourent la ville, symboles du succès économique. Entre 1960 et 1980, la Côte d’Ivoire a connu l’un des taux de croissance les plus élevés du monde*.

Durant cette période, les investissements directs étrangers ont joué un rôle déterminant. Des entreprises étrangères ont été encouragées à ouvrir des filiales ou à s’engager dans des joint-ventures en Côte d’Ivoire. Le capital et le savoir-faire étrangers ont contribué à la modernisation de l’agriculture et de l’industrie.

Dans la littérature, les investissements directs sont souvent considérés comme des mécanismes de transfert de technologie et de savoir-faire managérial. Les effets de débordement font profiter les entreprises domestiques – concurrents, fournisseurs, usineurs – des connaissances des investisseurs étrangers**.

Dans la pratique, les pays en développement n’ont pas toujours profité de ce genre d’avantages. Les investissements étrangers ont souvent été réalisés dans des branches comme l’industrie minière où ils ont peu contribué au progrès technologique. L’état des infrastructures et le degré d’éducation n’ont en outre que peu permis le transfert technologique auprès des entreprises locales***.

Dans les années 1980, la Côte d’Ivoire a connu les revers de la médaille des investissements directs. Suite à l’effondrement des prix du cacao et du café, les investisseurs étrangers ont quitté le pays; le savoir-faire et les emplois qu’ils avaient créés ont disparu; le volume des investissements s’est réduit de 94,7 à 21,7 millions de dollars entre 1980 et 1984.

Depuis les années 1990, les investissements directs ont repris. Cette fois-ci, ils sont effectués également dans des branches orientés vers les nouvelles technologies comme la télécommunication. Parmi les dix plus grandes sociétés étrangères apparaissent des entreprises comme Côte d’Ivoire Telecom (qui est détenu à 51% par France Télécom) ou Orange Côte d’Ivoire (qui appartient entièrement à Orange).

Et ils produisent les effets de débordement attendus: comme partout en Afrique, d’innombrables stands de marché se trouvent dans les rues d’Abidjan, où les passants peuvent téléphoner ou recharger le crédit de leur portable. Comme peu de foyers sont raccordés à un réseau téléphonique, la demande de services mobiles est forte – même des transactions financières sont parfois effectuées par téléphone mobile.

Pour l’équipe d’iconomix,
Simon Schmid et Jean-Marc Huguenin

* MEREDITH M. (2005), The Fate of Africawww.publicaffairsbooks.com/..., PublicAffairs, Perseus Books Group.

** ZIMMERMANN T.A. (2008), Les investissements directs: évolution actuelle en théorie, pratique et politiquewww.dievolkswirtschaft.ch/..., La Vie Economique, Berne.

*** UNITED NATIONS CONFERENCE ON TRADE AND DEVELOPMENT – UNCTAD – (2004), Country Profile: Côte d‘Ivoirewww.unctad.org/....

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