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Banque National Suisse

Mardi, 22 juin 2010,
11:54

La future détérioration de la dette publique

Le terme de faillite des Etats est, depuis la crise grecque, largement répandu dans les médias. La dette publique s'est fortement accrue à la suite de la crise financière et de l'intervention des Etats. En pourcentage du PIB, elle devrait dépasser 100% dans les pays industrialisés l'année prochaine. Pourtant, le pire est à venir selon un travail de recherchewww.bis.org/... de la BRIwww.bis.org*. Or cette haute autorité monétaire n'a pas coutume de dramatiser la situation. Pourtant les auteurs affirment que le vieillissement de la population, par ses effets sur les finances publiques, «crée encore un plus grand danger» que les implications de crise financière.

La détérioration résulte en partie des plans de relance massifs et coûteux réalisés pendant la crise financière. Ils représentent 13,2% du PIB des pays industrialisés, y compris l'injection de capitaux dans les banques et les achats de titres, mais sans les garanties de dettes. L'impact a été considérable sur les finances publiques: une détérioration de 20 à 30% du PIB en trois ans, selon la BRI. Sans une réaction énergique des pouvoir publics, la tendance ne s'améliorera pas de sitôt. Or la croissance économique est moindre dès que la dette publique s'approche de 100% du PIB.

Il est encore plus important de cerner la nature du problème, selon les auteurs. Elle n'est pas cyclique. Elle ne s'évaporera pas donc avec le retour de la croissance économique. Elle est structurelle. D'ailleurs ni l'emploi ni la croissance ne devraient rapidement retrouver leur niveau d'avant la crise, selon les auteurs de l'étude. Le déficit public est en effet de plus en plus lié au vieillissement démographique et à ses coûts en termes de santé et de retraite. Or le rapport entre la population active et les personnes à la retraite va progressivement se détériorer, spécialement au Japon, en Espagne, en Italie et en Grèce. Nous remarquerons que nous retrouvons les pays les plus visés actuellement.

Les prévisions à long terme sont très pessimistes si l'on intègre les promesses de financement liées au vieillissement, même si les auteurs prennent volontairement des hypothèses favorables telles que le maintien des taux d'intérêt actuels et une croissance économique revenant au niveau d'avant la grande récession.

D'ici 2020, le déficit budgétaire augmenterait de 13% du PIB en Irlande, 8 à 10% aux Etats-Unis, Royaume-Uni, Japon, Espagne et 3 à 7% en Allemagne, Grèce et au Portugal. Cette détérioration augmenterait encore le fardeau de la dette et le ferait  grimper à 300% du PIB au Japon, 200% au Royaume-Uni et 150% aux Etats-Unis, France, Italie et Grèce. Ce n'est naturellement pas durable.

Les efforts exigés sont importants. Mais pour que les mesures sur les engagements de l'Etat liés au vieillissement ne pénalisent pas la conjoncture, mieux vaut un relèvement de l'âge de la retraite qu'une hausse des impôts.

* CECCHETTI S.G., MOHANTY M.S. & ZAMPOLI F. (2010), The future of public debt: prospects ans implicationswww.bis.org/..., Bank for International Settlements, Working Paper No 300.

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